Équipe de France

Cinq chocs en stock (4/5)

S’il n’a pas offert un grand écrémage, le 1er tour de l’Euro 2016 a commencé à dessiner certaines tendances. Retour sur les matches les plus marquants du tour de chauffe. Avec Belgique-Italie, premier choc du tournoi, un Angleterre-Galles so british et aussi Allemagne-Pologne, Portugal-Autriche et le renversant Croatie-Espagne.

Un record, tant de regrets

Portugal-Autriche 0-0. 19 juin au Parc des Princes. Face à l’Autriche, le triple Ballon d’or Cristiano Ronaldo est devenu le joueur le plus capé de la sélection portugaise. Il souhaitait signer l’instant avec faste et brio. Raté. Pour la fête, on repassera.

Ce deuxième match du 1er tour sentait le soufre entre les deux nations désignées comme les favoris du groupe F avant que ne débute la compétition : le Portugal emmené par sa superstar Cristiano Ronaldo, l’homme aux trois Ballons d’or, et l’Autriche à l’impressionnant parcours en phase qualificative (9 victoires et 1 nul, soit 28 points sur 30 possibles). Sauf que l’entrée en matière n’avait pas été celle imaginée par les protagonistes. Un petit 1-1 poussif, malgré une nette domination, pour la Seleçao face à de valeureux Islandais et, pire, une défaite surprise pour David Alaba et les siens contre la Hongrie.
Et voilà pourquoi le choc de la poule commençait à filer la chair de poule à ses acteurs. Match de la peur, à gagner à tout prix pour se remettre la tête à l’endroit. Cela explique sans doute cette tension palpable, que l’on a ressentie dans les deux camps au début des débats. Approximations, erreurs défensives, fébrilité. Avant qu’enfin, « CR7 » et sa troupe, poussés par une forte colonie portugaise qui les encourageait à grands coups de « Pour-tou-gal, Pour-tou-gal » (ils montaient crescendo dans le ciel de Paris), ne prennent les choses en main.
C’était une rencontre spéciale pour Cristiano qui fêtait sa 128e sélection et entrait un peu plus dans l’histoire en devenant le joueur le plus capé du pays (il avait déjà ravi le titre de meilleur buteur de la sélection à Pauleta), sous l’œil forcément avisé de celui à qui il venait de chiper la couronne, Luis Figo en personne, présent au Parc des Princes.
Evidemment, le fier gamin de Madère voulait marquer de son empreinte ce moment si particulier. Alors, il a beaucoup tenté – 10 tirs – mais sans connaître la réussite de l’homme aux 54 buts – en club et en équipe nationale – cette saison. Il a commencé par en sourire avant de finir par s’en agacer, tandis que les supporters autrichiens, chambreurs, lançaient des « Messi, Messi ! » à chacune de ses tentatives avortées.
Cela a commencé par ce une-deux conclu par une reprise du droit de l’attaquant madrilène, de peu à côté. Puis il y eut cet autre essai repoussé par Robert Almer. Cela s’est encore accéléré en deuxième période dans ce qui a de plus en plus ressemblé à un duel Cristiano-Almer. Avec une lourde frappe aux 20 mètres, du gauche cette fois, qui a trouvé le portier à la parade. Sur le corner qui suit, le Portugais place encore une tête pleine de fougue. Nouvel arrêt réflexe du héros du jour.
Et dire que le « Divin chauve » aurait pu manquer le rendez-vous de sa vie ! Victime d’une grave blessure aux ligaments croisés en fin d’année dernière, le gardien de l’Austria Vienne s’est retrouvé quatre mois sur le carreau et il a dû cravacher comme un fou pour accrocher sa place en sélection. A la limite, ça lui a fait une belle jambe, à « CR7 », dont le calvaire n’était pas terminé.
On continue le film. 79e minute. Enfin, la délivrance ne semble plus très loin. Cristiano s’apprête à tirer un penalty qu’il a lui-même obtenu. Encore raté. Badaboum, sur le poteau alors que, pour une fois, l’invincible Almer était parti du mauvais côté. Et quand la star portugaise parvient finalement, quelques instants plus tard, à faire vibrer les filets autrichiens en reprenant de la tête un coup franc de Raphaël Guerreiro, l’action est logiquement annulée pour une – nette – position de hors-jeu. Tirez le rideau.
Un record au goût décidément amer pour « CR7 ». « D’un côté, expliquait-il après coup, cela représente une fierté. Devenir l’international le plus capé et le meilleur buteur de la sélection faisait partie de mes objectifs. Mais je suis un peu triste car je ne voulais pas que mon match record se déroule de cette manière. Je ne l’avais pas envisagé comme ça. Nous avons bien joué, on s’est créé beaucoup d’occasions. Ce qui a manqué ? On n’a pas su la mettre au fond, malgré plusieurs opportunités. Il y a eu le penalty et d’autres encore. C’est aussi ça, le football. »
Son coach, Fernando Santos, ne voulait pas plus s’inquiéter que ça pour son protégé. « Je suis sûr qu’il marquera au prochain match », prédisait-il. Gagné, il a même réalisé un doublé (3-3 contre la Hongrie), permettant au Portugal de voir les huitièmes de finale.

L’insolite
Si Robert Almer, particulièrement inspiré contre le Portugal, est un titulaire indiscutable aux yeux de Marcel Koller dans les cages autrichiennes, son parcours en club a été alambiqué. Le natif de Bruck an der Mur (32 ans) a très souvent endossé le rôle de la doublure. Que ce soit en Autriche, au début de sa carrière, ou en Allemagne plus tard, même en Bundesliga 2 (Fortuna Düsseldorf de 2011 à 2013, Energie Cottbus en 2013-14). Lors de sa dernière expérience germanique (2014-15), à Hanovre 96, le keeper n’a même pas disputé la moindre minute en championnat. Revenu au pays, à l’Austria Vienne, l’été dernier, Almer a enfin gagné ses galons de titulaire au cours d’une saison encore tronquée par une sérieuse blessure aux ligaments croisés.

Le chiffre : 8
Comme le sélectionneur portugais, Fernando Santos, l’a lui-même noté durant la conférence d’après-match : « C’est la première fois, depuis que je suis à la tête de l’équipe nationale, que nous n’inscrivons pas au moins un but au cours d’un match officiel. » La page Paulo Bento fut tournée en septembre 2014, après une piteuse défaite à domicile face à l’Albanie (0-1), lors du premier match qualificatif pour cet Euro. La Seleçao de Santos a planté lors des sept matches suivants de ces éliminatoires et encore une fois pour la première rencontre du tournoi contre l’Islande. La série s’est donc arrêtée à huit.

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