Équipe de France

Cinq chocs en stock (2/5)

S’il n’a pas offert un grand écrémage, le 1er tour de l’Euro 2016 a commencé à dessiner certaines tendances. Retour sur les matches les plus marquants du tour de chauffe. Avec Belgique-Italie, premier choc du tournoi, un Angleterre-Galles so british et aussi Allemagne-Pologne, Portugal-Autriche et le renversant Croatie-Espagne.

God save Hodgson

1er tour. Angleterre-Pays de Galles 2-1. 16 juin, stade Bollaert-Delelis. Ils ont été rejoints sur le fil, lors du premier match contre la Russie. C’est encore sur le fil que les Anglais ont arraché un inestimable succès dans une ambiance sublime. So british !

Depuis le matin, les chants sont montés du centre-ville de Lens jusqu’au stade Bollaert-Delelis, dans des effluves de bière qui n’oubliaient pas de laisser la voix claire à des dizaines de milliers de chanteurs improvisés. De l’inévitable « God Save The Queen » pour les sujets de Sa Gracieuse Majesté au tout aussi traditionnel « Old Land of My Fathers » pour les Gallois, en passant par un répertoire aussi varié que fourni pour l’ensemble des troupes.
Lens, capitale britannique pour une journée avec, en guise de décorum, Bollaert, le stade le plus british de l’Hexagone. Ça avait de la gueule ! Pour les couleurs, il fallait miser sur le blanc ou le rouge. Pour le son, pas la peine de faire monter les watts, c’était tout aussi assourdissant que dans la bonne tonalité, sans aucune faute note, dans ce théâtre transformé en cathédrale du foot. Et quand les fans arrêtaient leurs psaumes, c’était pour prodiguer des encouragements après un tacle réussi par l’un des leurs ou pour applaudir un improbable dégagement défensif, un « up and under » digne du monde de l’ovalie. Oui, on avait bien glissé de l’autre côté de la Manche. Inévitable, sachant que dix-neuf des vingt-deux joueurs présents sur la feuille de match initiale évoluaient en Premier League, plus deux en Championship (la Deuxième division anglaise). Le seul « étranger » étant le Madrilène Gareth Bale. Ça sentait le thé avec un nuage de lait, saupoudré, please, d’une pincée de sucre.
La rencontre ? Ignorant les critiques qui lui avaient reproché de ne pas avoir effectué les changements adéquats contre la Russie en fin de game, Roy Hodgson était resté fidèle à son 4-2-3-1 avec les mêmes hommes. Chris Coleman avait, pour sa part, opté pour un prudent 5-3-2. Et ce qui devait arriver est advenu. Avec une domination anglaise en première période et une possession de balle nettement à l’avantage des sujets de Sa Majesté, mais sans beaucoup d’occasions franches à se mettre sous les crampons. Face à un bloc positionné très bas mais aussi très compact, Wayne Rooney et les siens ont méchamment galéré pour créer des brèches.
At the lemon time, bref, à la pause-citron, l’ami Roy a choisi de revoir ses batteries. Le transparent Raheem Sterling a été remplacé par un Daniel Sturridge beaucoup plus fluide et percutant, tandis que Jamie Vardy a succédé à Harry Kane dans un 4-4-2 ambitieux. « J’aurais pu procéder à ces changements, assurait après coup le coach anglais, même si on n’avait pas été menés à la mi-temps (ndlr : un énorme coup franc de Bale de 35 mètres, sur la seule occasion galloise). L’idée était d’apporter plus de vitesse et de s’appuyer sur des options différentes pour contourner le bloc gallois. » Bingo, les rentrants ont été les principaux animateurs d’une deuxième période beaucoup plus enlevée. Avec plein de rythme et des substitutes qui ont donc remis les Three Lions dans le bon sens.
D’abord avec l’égalisation de Vardy. Puis, au bout du bout de la partie, avec le but de la délivrance signé Sturridge. « Sur le coup, avoue Hodgson, on a failli tous se fracasser la tête contre l’abri de notre banc en sautant de nos sièges, tellement on était heureux. C’était une revanche par rapport à ce qu’on avait vécu face à la Russie. Nous étions comme des fous. C’était crazy ! »
Le coup passa très près mais la menace n’est pas écartée pour le sélectionneur qui reste sous la pression de sa Fédération. Le président de la FA, Greg Dyke, s’est en effet lâché dans une interview à BBC Radio. Morceaux choisis : « Ce qu’on s’est dit avec Roy, c’est que si on réussit un bon tournoi en jouant bien, son contrat (qui se termine après l’Euro) pourra être renouvelé. Une demi-finale serait super. Un quart de finale, en proposant du jeu, face à l’un des grands du tournoi et en étant battus de peu ? Pourquoi pas. » On connaît la suite…
Chris Coleman, l’entraîneur gallois, n’avait pas cette épée au-dessus de la tête. Mais il avait bien du mal à digérer le scénario final : « Mes joueurs ont tout donné, ils ne méritaient pas une telle fin. Ils se sont montrés merveilleux. Le seul reproche que je puisse leur adresser, c’est de ne pas avoir assez gardé le ballon. Mais on est toujours restés en vie jusqu’aux dernières secondes. Il s’agit certainement d’une des défaites les plus cruelles de ma carrière. Comme ça, face à un tel adversaire, c’est très dur. »
A ce moment, dehors, nos singers in the rain étaient surtout anglais. Quelques jours plus tard, après l’historique qualification des Dragons pour les huitièmes, leurs fans avaient retrouvé toute leur voix pour entonner de vibrants « Old Land of my Fathers ».

Le chiffre : 4
S’il n’a disputé que 45 minutes, Daniel Sturridge est le joueur anglais qui a tiré le plus souvent vers les buts gallois. Quatre frappes, contre trois à Rooney qui a disputé l’ensemble de la rencontre. Quatre tirs, un seul cadré, mais celui qui a donné la victoire aux Three Lions durant les arrêts de jeu. Sinon, Jamie Vardy, toujours côté anglais, avec une frappe et un but, a réalisé un joli 100% dans ses tentatives.

L’insolite
Chris Coleman, capitaine de Fulham, a vu sa carrière de joueur brisée en janvier 2001, quand il a été victime d’une double fracture de la jambe à la suite d’un accident de voiture. Il n’a jamais pu revenir au plus haut niveau. Néanmoins, en octobre 2002, le Français Jean Tigana, entraîneur des Cottagers, l’intègre à son staff. Chris prendra sa succession au mois d’avril suivant. Et c’est ainsi que le Gallois a lancé sa carrière d’entraîneur. L’actuel sélectionneur du pays de Galles la doit, quelque part, à un « Frenchy » !

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