Équipe de France

Cinq chocs en stock (1/5)

S’il n’a pas offert un grand écrémage, le 1er tour de l’Euro 2016 a commencé à dessiner certaines tendances. Retour sur les matches les plus marquants du tour de chauffe. Avec Belgique-Italie, premier choc du tournoi, un Angleterre-Galles so british et aussi Allemagne-Pologne, Portugal-Autriche et le renversant Croatie-Espagne.

La mauvaise blague belge

1er tour. Belgique-Italie 0-2. 13 juin, Parc OL. Plus que l’Italie qui a battu les Diables Rouges, c’est la Belgique qui a perdu ce premier choc du tournoi. Explications.

Bon, même sans Vincent Kompany et Nicolas Lombaert, donc, avec une charnière centrale décimée par les forfaits, un peu à l’image de la France, et une défense sérieusement remaniée, la Belgique partait – pour la première fois depuis des lustres – avec le paletot du favori face à la Squadra Azzurra dans ce premier choc du tournoi. Le match, les supporters des Diables Rouges, qui avaient envahi le centre de Lyon et englouti des flots de bière, dans une ambiance bon enfant et festive, précisons-le, avant d’investir, dans un boucan tout aussi joyeux, le stade des Lumières, l’avaient, eux, déjà remporté, avant même le début des hostilités.
Les joueurs de Marc Wilmots semblaient prendre rapidement les choses en main. Dix minutes pour jauger la situation, pied sur le ballon, avant de peu à peu monter en puissance pour venir taquiner l’arrière-garde italienne. Si sûrs de leur fait jusqu’à la 32e minute de jeu et la première occasion transalpine, qui fit déraper le scénario trop bien ficelé : sur une longue, très longue relance de l’impeccable Leonardo Bonucci, Toby Alderweireld se laisse surprendre et ce filou d’Emanuele Giaccherini, à l’affût, s’en va crucifier Thibaut Courtois. « Il y a une grosse erreur de communication (entre Laurent Ciman, Toby Alderweireld et Radja Nainggolan) qui ne devrait pas arriver à ce niveau », regrettait Marc Wilmots, leur coach.
Oui, parce qu’après, ce fut une autre limonade (ou une autre bière, si vous préférez), beaucoup plus amère pour les Belges. Le 3-5-2 se transforma vite en 5-3-2 en phase défensive, commandé de main de maître par Leonardo Bonucci. Il a franchement enquiquiné Eden Hazard et ses frères, repoussant tous leurs assauts dès qu’ils approchaient de la surface de réparation. Un véritable mur blanc, parfaitement disposé. A l’italienne !
« C’est vrai qu’ils étaient en place, reconnaît le milieu Axel Witsel, bien organisés tactiquement. On a eu des opportunités de revenir en deuxième mi-temps, on ne l’a pas fait. En face, ils n’ont pas de joueurs exceptionnels comme Hazard ou De Bruyne mais ils font le job. Il s’agit d’une équipe expérimentée qui sait commettre les petites fautes qui cassent le rythme. C’est ça, ils sont roublards et efficaces. Ils ont trois ou quatre occasions et ils en mettent deux (ndlr : le deuxième but durant les arrêts de jeu). Nous, on en a davantage mais cela fait zéro but à l’arrivée. La morale de l’histoire, c’est qu’on s’est pris un bon coup de pied aux fesses. »
L’autre morale de l’histoire, outre les carences défensives, c’est que les Diables ont connu trop de défaillances individuelles pour espérer mieux. A l’image de la pointe Romelu Lukaku, confondant de maladresse et d’approximations, jamais dans le bon tempo, ou de – et là, c’est beaucoup surprenant – Kevin de Bruyne, méconnaissable, une sorte de fantôme qui s’est traîné comme une âme en peine sur le terrain, ratant les contrôles comme les passes les plus évidentes pour un joueur de son talent. Une seule fois, dans toute la partie, la lumière a jailli de ses pieds, quand il réussit une superbe déviation pour Lukaku qui plaça l’offrande… à côté des buts de Gianluigi Buffon, toujours aussi alerte malgré ses 38 printemps.
Il fallait voir, à la fin de la rencontre, le « vieux » portier italien et tous ses partenaires aller saluer, dans une liesse incroyable, leurs supporters placés dans le virage. Déchaînés, les Ritals. Ils n’avaient pas remporté l’Euro mais ils s’étaient prouvé beaucoup. Et Antonio Conte, le très philosophe sélectionneur de la Botte, de conclure : « Il n’y a jamais rien d’écrit dans le foot. Il y a les mots et le terrain. Nous, on ne parle pas beaucoup mais je dispose d’un groupe d’hommes, avant toute chose, et de bons joueurs. C’est important qu’il y ait une alchimie entre eux. Là, tout le monde a participé : les titulaires, ceux qui sont rentrés, ceux qui sont restés sur le banc. Il existe un véritable esprit d’équipe. Il s’agit d’un groupe intelligent et ce succès donne du crédit à notre travail. Il reste néanmoins une blessure ouverte qui date de deux ans (ndlr : l’élimination au 1er tour de la Coupe du monde). Maintenant, il va falloir réaliser des choses extraordinaires pour rendre fière toute la nation. » Le temps de la reconquête ? Il était quand même encore un peu tôt pour le prédire.

Le chiffre : 31
Avec une moyenne de 31 ans et 169 jours, la Squadra Azzurra a aligné le plus vieux onze de départ de l’histoire de l’Euro contre les Diables Rouges. Il faut dire que Gianluigi Buffon (38 ans), Andrea Barzagli (35 ans), Daniele De Rossi (33 ans) et quelques autres ne sont pas des perdreaux de la dernière heure. Mais on connaît aussi l’histoire des vieux pots qui donnent les meilleures confitures…

L’insolite
Saviez-vous qu’avant de se rencontrer comme entraîneurs de leurs équipes nationales respectives, dans ce début d’Euro, Marc Wilmots et Antonio Conte avaient bataillé l’un contre l’autre en tant que joueurs à l’Euro toujours ? C’était, à un jour près, il y a seize ans (14 juin 2000). Il s’agissait aussi d’un match de phase de groupes. Les deux milieux avaient écopé d’un carton jaune. Et vous savez quoi, encore ? La Squadra s’était déjà imposée 2-0. Fou, non ?

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