Équipe de France

Celtic Glasgow, le foot pour religion (2/2)

Parce qu’il y a ce maillot. Parce qu’il y a ce stade, cette histoire, cette tradition. Parce qu’il y a des derbies mais un seul Old Firm. Bienvenue à Glasgow, côté Celtic !

L’heure de gloire : 1967, les Lions de Lisbonne

Nous sommes en 1967. Les Beatles proposent la révolution avec « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ». A Glasgow, les héros ne sont pas des scarabées.

Les Lions de Lisbonne, c’est comme ça qu’on les a appelés. « En raison de notre détermination et de notre refus de la défaite », explique Billy McNeill. McNeill, le capitaine. Emblématique. Le guide de l’équipe et le relais de l’entraîneur Jock Stein. Voilà les Lions qui déboulent sur la pelouse de l’Estadio Nacional de Lisbonne, qui abrite sa toute première finale de Coupe d’Europe. Face à eux, Goliath : l’Inter Milan d’Helenio Herrera. Le monstre du catenaccio, déjà deux fois vainqueur de l’épreuve. L’équipe de Sandro Mazzola. L’archi-favori.
Et le guide, l’ami Billy, qui reprend le micro. « Les joueurs de l’Inter sont entrés sur la pelouse en chantant. Alors, nous avons chanté plus fort qu’eux. » Pourtant, Mazzola ouvre le score, dès l’entame du match, sur penalty. Tout le monde se dit alors que les Milanais vont baisser le rideau, que le match est plié. Pas les Lions. « Je suis convaincu que leur but inscrit en début de rencontre nous a facilité la vie. On s’est dit qu’on allait tout lâcher. On savait qu’ils n’aimaient pas notre style de jeu. Ils n’étaient pas habitués à évoluer face à une équipe qui pressait, qui jouait sans cesse vers l’avant. Et puis nous nous sommes aussi dit qu’il fallait qu’on gagne pour nos supporters. Avant le match, dans Lisbonne, on ne croisait que des gens du Celtic. Pour la majorité d’entre eux, c’était la première fois qu’ils quittaient l’Ecosse. Ils n’avaient jamais pris l’avion de leur vie. Ils étaient là parce qu’ils voulaient voir l’histoire s’écrire devant eux. Ils ont terriblement bien fait leur job. Il fallait qu’on fasse le nôtre. »
Et le grand Inter va vaciller, céder puis capituler. Tommy Gemmell, à l’heure de jeu, et Stevie Chalmers pour la délivrance, à quelques minutes de la fin, sont les héros de la fête. La fièvre verte s’empare de la capitale portugaise. Ce n’est pas celle du Sporting. Steve Chalmers, le buteur providentiel, se souvient lui aussi, du haut de ses 80 printemps. « Nous voulions attaquer tout le temps. C’était un peu naïf, peut-être, mais l’Inter n’était pas habitué à ça. Ils ont été surpris. Après leur penalty, ils ont cru qu’ils avaient gagné. »
Le Celtic devient la première équipe britannique à inscrire son nom au palmarès de la plus prestigieuse des compétitions européennes. C’est également la première fois qu’une équipe non latine remporte la Coupe d’Europe. Et le vainqueur a une identité : les onze joueurs champions d’Europe sont tous nés dans un périmètre de 50 kilomètres autour de Celtic Park ! C’est aussi la première surprise à ce stade de la compétition. La première fois que le favori chute sur la dernière marche.
Chalmers, encore : « On a atteint un sommet. Beaucoup de supporters ne pouvaient pas se permettre de venir à Lisbonne mais ils sont venus quand même. On a savouré avec eux. Ils faisaient partie du club. Ce fut un grand moment. » Billy McNeill n’oublie pas ceux qui étaient restés à Glasgow. « Quand nous avons atterri à l’aéroport et pris la direction de Celtic Park, il y avait des milliers de gens sur le bord de la route. Tous voulaient apercevoir la Coupe. Là, on a pris une deuxième fois la mesure de notre incroyable exploit. »
C’était il y a 50 ans et on en parle encore à Parkhead. On en parlera toujours à Parkhead.

La fiche de la finale
Le 25 mai 1967 à Lisbonne, Stade Nacional, Celtic Glasgow-Inter Milan 2-1.
Arbitre : M. Tschenscher (ALL).
Buts : Gemmell (63e), Chalmers (84e) pour le Celtic ; Mazzola (7e, sur pen.) pour l’Inter.
Celtic Glasgow : Simpson – Craig, Gemmell, Murdoch, McNeill (cap.) – Clark, Johnstone, Wallace, Auld – Lennox, Chalmers. Entraîneur : Jock Stein.
Inter Milan : Sarti – Burgnich, Facchetti, Bedin, Guarneri – Picchi (cap.), Domenghini, Mazzola, Bicicli – Corso, Cappellini. Entraîneur : Helenio Herrera.

Les grands noms­
Bertie Auld, Pat Crerand, Kenny Daglish, Jimmy Delaney, Bonny Evans, Tommy Gemmell, Mo Jonhston, Jimmy Johnstone, Paul Lambert, Henrik Larsson (ci-dessus avec le maillot de la Suède, il est le seul joueur non écossais figurant au Scottish Sports Hall of Fame), Bonny Lennox, Willie Maley, Danny McGrain, Jimmy McGrory, Billy McNeill, Paul McStay, Bonny Murdoch, Ronnie Simpson, Jock Stein, Gordon Strachan, John Thomson.

Moussa Dembélé, la « french touch »
Il est la grosse révélation de la saison en Ecosse, Brendan Rodgers en prend plein les yeux et il a accessoirement illuminé le derby début septembre, en claquant trois buts aux Gers ! Moussa Dembélé, qui avait quitté le Paris SG en 2012 car il avait peur de ne pas y jouer, est allé signer son premier contrat professionnel, le jour de ses 17 ans, à Fulham. Après des débuts remarqués avec les Cottagers en D2 anglaise, il s’engage, en juin dernier, au Celtic. Depuis, c’est l’histoire d’amour. Un premier coup du chapeau contre les Rangers, donc, mais aussi un doublé contre Manchester City en C1 et un but à chaque tour de Coupe de la Ligue. En finale, c’est lui qui a inscrit le troisième but de la victoire du Celtic face à Aberdeen, à Hampden Park. Il caracole en tête du championnat et du classement des buteurs. Fin novembre, il avait déjà marqué 16 buts toutes compétitions confondues. Il a 20 ans, il est international Espoirs et ça pourrait vite faire du bruit au-delà de Celtic Park.

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