Équipe de France

Cédric Heymans : « J’ai pris quelques bonnes claques contre les Blacks »

Le retour de Cédric Heymans dans le groupe France est une surprise. On n’avait pas vu le Bayonnais chez les Bleus depuis 2009 et une défaite contre les Blacks. Il nous parle de sa polyvalence dans le système de Marc Lièvremont et de la Nouvelle-Zélande qu’il a déjà affrontée sept fois.

UNIVERS DU RUGBY : Cédric, quel effet ça te fait de retrouver le groupe France après deux ans d’absence ?
Cédric HEYMANS :
C’est toujours agréable d’être sélectionné, de retrouver des copains et de faire partie d’une nouvelle aventure. Ce sera ma deu­xième Coupe du monde après celle de 2007 et j’espère la vivre de manière aussi intense qu’il y a quatre ans.

UDR : Quel a été le facteur déterminant dans ton retour en Bleu ?
C.H. :
Ma mission avec le Stade Toulousain était claire. J’ai été parfaitement briefé par Jean-Baptiste Elissalde qui m’a expliqué ce qu’il attendait de moi. J’ai essayé de mettre en application ce qu’il m’a demandé. J’ai été bien aidé par mes partenaires : quand on joue au Stade (Toulousain), les ballons arrivent toujours plus facilement. J’ai aussi pu briller grâce aux autres. Tout cela a contribué à mon retour en Bleu.

UDR : La saison a été longue une fois encore. Tu as eu combien de jours de break au final ?
C.H. :
Douze exactement. C’est peu après une telle saison. J’ai dû rapidement recourir. Il va falloir être vigilant sur le physique. On peut supporter les charges de travail mais il faut rester à l’écoute de son corps.

UDR : Bernard Laporte avait fait une expérience en t’utilisant à l’arrière en 2007, sans trop de succès. Pourquoi ça va mieux sur ce poste désormais ?
C.H. :
On peut faire la comparaison entre ce poste au rugby et celui de gardien de but au football. C’est un poste très exposé car la moindre boulette se voit et se paie cash. Je garde le souvenir d’un bon match au Pays de Galles à ce poste. Après, je me suis retrouvé à l’aile parce qu’il fallait opérer des changements. Avec l’expérience, jouer à l’aile ou à l’arrière ne me pose aucun problème.

UDR : Est-ce que tu regardes un peu les matches quand tu ne joues pas pour voir la concurrence ?
C.H. :
Pas du tout. Je suis incapable de te dire qui est le meilleur arrière du monde, par exemple. Je regarde mes propres matches, ce que j’ai fait, ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas été. Je fais cela le dimanche ou le lundi mais regarder les autres, ça m’arrive très rarement.

UDR : Quand tu regardes dans le rétro, y a-t-il des choses que tu referais différemment ?
C.H. :
Pas vraiment. Si j’ai fait des erreurs à un moment donné, elles m’ont aussi permis de me construire, donc je ne regrette rien, sur le fond comme sur la forme. Deux ans à Brive, quatre à Agen, dix ans au Stade Toulousain… Je ne suis pas à plaindre. On peut toujours trouver quelque chose, évidemment. Le doute, quand on débute, est un vrai problème. Mais il faut s’amuser parce que le rugby est un jeu merveilleux. On doit savoir en profiter quand on a l’occasion de le pratiquer au plus haut niveau. Lorsqu’on est jeune et qu’on débute, on ne le sait pas et le doute peut s’installer. C’est dommage mais on ne comprend ça qu’avec le temps.

« CHRISTIAN CULLEN M’A DONNE ENVIE DE JOUER AU RUGBY »

UDR : Tu as joué sept fois contre les Blacks, ton opinion sur ce rugby et cette nouvelle équipe 2011 ?
C.H. :
Là encore, il y a du bon et du moins bon mais contre les Blacks, c’est normal. J’ai pris quelques bonnes claques dans la figure contre eux mais c’est ce qui m’a permis d’avancer par la suite. Il y en a eu une notamment au Stade de France en 2004 qui a fait particulièrement mal (ndlr : 6-45). Ce sont des moments très durs à vivre. Dans un match de ce type, tu vois les Blacks passer à 3 000 à l’heure. Aujourd’hui, ce sont les favoris. C’est l’équipe qui a le plus gros potentiel et ils seront déterminés à gagner la Coupe du monde chez eux, comme la première fois. Ils vont être très dif­ficiles à battre.

UDR : Que penses-tu du haka ?
C.H. :
Je trouve cela magnifique. Eux, ils sont à bloc et moi aussi, alors notre combat commence dès le haka.

UDR : As-tu eu une idole chez les Blacks ?
C.H. :
Christian Cullen. C’est un joueur qui m’a vraiment inspiré. Il m’a donné envie de jouer au rugby. Cullen, c’était vraiment la grande classe.

UDR : As-tu regardé la finale de 1987 et la victoire de la Nouvelle-Zélande ?
C.H. :
J’avais 9 ans à l’époque. Je n’avais pas regardé même si je jouais déjà au rugby puisque j’ai commencé à 5 ans. J’ai revu ce match sur ESPN Classic bien plus tard, 10 ou 15 ans après.

UDR : En dehors du rugby, quelles sont tes passions ?
C.H. :
Je fais du golf et je vais à la chasse. Pour la chasse, je suis encore un débutant. Au retour de la Coupe du monde, on sera en pleine période de chasse. C’est un vrai bonheur, ça aussi.

Populaires

Les marques de presse dédiées au sports collectifs : Planète Foot, Mondial basket, Univers du Rugby, Planète Cyclisme.

© 2017 Editions Le Nouveau Sportif / SESIMS

To Top