Équipe de France

Ce n’est qu’un au revoir

Quarts de finale. Pologne-Portugal, 1-1, 3- 5 t.a.b. Mis sur orbite, d’entréede jeu, par la première réalisation de Robert Lewandowski, les Polonais ont vu leurs rêves de demi-finale s’envoler aux tirs au but. De quoi éprouver des regrets… Avant de mieux rebondir ?

Si elle avait été refusée dans un premier temps par l’UEFA, une minute de silence a bien été observée en hommage aux victimes des attentats d’Istanbul. Il fallait encore moins de temps à Robert Lewandowski pour inscrire le but le plus rapide de sa carrière, en convertissant une offrande de Kamil Grosicki. A ce moment, les supporters rouges et blancs ont raison d’exulter : tous les ingrédients sont réunis pour permettre à la Pologne de prendre part à la première demi-finale de son histoire.
Forts d’une défense de fer, qui a résisté à l’armada allemande, et avec la réussite de leur buteur retrouvé, les Polonais peuvent, semble-t-il, voir venir. L’unique but encaissé jusque-là par le solide Lukasz Fabianski est là pour témoigner du niveau élevé de l’animation de cette équipe, seulement battue par un geste de génie du Suisse Xherdan Shaqiri. Voilà un onze aux rouages parfaitement huilés, à l’image de la paire Lukasz Piszczek-Jakub Blaszczykowski, installée côté droit par Adam Nawalka. Les joueurs venus de l’Est dégagent une vraie force collective, avec une aptitude à couvrir les déplacements des uns et des autres pour maintenir un bloc parfaitement équilibré en toutes circonstances.
Emmenés par des ailiers voraces et rapides comme l’éclair, les Polonais se sont aussi montrés diablement efficaces en contre-attaque. On s’est extasiés devant leur faculté à remonter le terrain en trois passes et moins de dix secondes, comme ce fut le cas pour l’ouverture du score contre la Nati.
Ils sont solidaires et jouent haut sur le terrain. Aussi, rien ne laisse présager un retournement de situation face au Portugal. Mais dans un premier temps, c’est la réussite qui les fuit. Voir la frappe déviée par le malheureux Grzegorz Krychowiak, hors de portée du portier de Swansea, pour l’égalisation. Avant que le match ne sombre dans l’ennui, cadenassé. Quand on a toutes les cartes en main et qu’on n’en tire pas profit, le temps des regrets arrive, inexorablement. Fatalement.
Surtout que, peu à peu, Lewandowski et les siens ont laissé le jeu à leurs adversaires, se contentant d’être valeureux en défense. Artur Jedrzejczyk ôte une balle de but à un Cristiano Ronaldo vraiment pas inspiré, pour le coup. Et manque de tromper son propre gardien. La fatigue a sans doute rattrapé les Polonais, les empêchant de mettre l’intensité nécessaire pour déstabiliser une défense portugaise parfaitement dirigée par l’impérial Pepe.
Finalement, on a droit à la séance de tirs au but, pour finir de jouer avec les nerfs des supporters. Elle offre un ticket pour les demi-finales aux Lusitaniens, la cinquième en sept participations quand même. Personne n’en voudra au tireur maudit, Jakub Blaszczykowski, au bord de l’épuisement : il avait donné de sa personne tout au long du match. Même si cette élimination laisse un goût amer. Une belle copie a été ternie par la conclusion.
Les joueurs polonais – et leur sélectionneur – voulaient y deviner les prémices d’une aventure qui les mènera plus haut. La déception semblait grandement affecter Robert Lewandowski, qui sait que de telles occasions de marquer l’histoire sont rares (« Ça fait mal sur le moment et ça va faire mal pendant longtemps… »), mais tous s’accordaient pour dire que cette performance constituait une simple étape. Dans cette optique, Adam Nawalka tenait à rassurer ses troupes : « C’était un premier palier à franchir. Maintenant, il faut penser au futur, aux qualifications pour la Coupe du monde (en 2018 en Russie). C’est juste le début d’une grande aventure. »
Le travail effectué depuis deux ans donne ses premiers résultats et il ne fait aucun doute que cette expérience sera utile. La compétitivité de cette génération dorée peut le laisser penser. A elle d’écrire la suite du scénario.

Arthur ROBERT / PLANETE FOOT

Le chiffre : 0
Comme le nombre de minutes où la Pologne a été menée au score au cours de cet Euro. Un chiffre révélateur de sa solidité mais aussi de son incapacité à tuer les matches à élimination directe. A l’inverse, le Portugal n’a pris les devants que 19 minutes pour atteindre les demi-finales… Des réussites diamétralement opposées !

L’insolite
A défaut d’être performant dans la finition, Cristiano Ronaldo a fait le spectacle en plein cœur d’une prolongation pauvre en occasions. Le triple Ballon d’or s’est en effet improvisé torero le temps d’une feinte de corps pour mettre dans le vent un fan à l’amour un peu trop démonstratif. Celui-ci avait envahi la pelouse pour le serrer dans ses bras… Une intrusion ponctuée par le splendide plaquage d’un des nombreux stadiers lancés à sa poursuite, digne du monde de l’ovalie.

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