Équipe de France

Au cœur de PSG-Chelsea, une belle à gagner

Pour l’épisode 3 en trois ans, le Paris SG se présente en favori face aux Blues, qui ont perdu José Mourinho mais repris Guus Hiddink. Méfiance.

■ LE CONTEXTE : Paris SG-Chelsea, acte III
Décidément, ils ne se quittent plus ! Pour la troisième année consécutive, Paris et Chelsea croisent le fer en Ligue des champions. Comme un nouveau rendez-vous. Un passage obligé. A croire que les mains innocentes des tirages au sort ont entendu les réactions des uns et des autres l’an passé, au moment de l’épisode 2. On se souvient que José Mourinho avait réagi avec un sourire en apprenant qu’il tombait sur Paris. « Oui, c’est un déplacement facile pour nous et nos supporters. Paris, ce n’est pas loin. » José avait suscité sinon la polémique, du moins certaines réactions du côté francilien, où on avait légèrement compris que « le PSG était un bon tirage » pour Chelsea. Nasser Al-Khelaïfi lui avait répondu. Dans un sourire, lui aussi. « Chelsea est un bon tirage pour nous. Je suis très confiant. J’ai confiance en mon coach et en mes joueurs. » Au final, on retiendra surtout le sourire de Nasser.
Remember 2014. Au Parc, les Parisiens font le boulot malgré une ouverture du score par hasard mais pas d’Eden. Non, de Gary Cahill. Le stoppeur anglais n’a pas fait exprès de marquer ce but-là. Par la grâce d’un dernier slalom de Javier Pastore dans la surface des Blues, dans les dernières minutes, les Parisiens renversent complètement la vapeur ; 3-1 à l’aller, plutôt de bon augure avant de monter dans l’Eurostar.
Mais au retour, les Parisiens vont plier dans les dix dernières minutes. A force de trop reculer, par la faute de mauvaises consignes ou d’un manque de vécu à ce niveau, peu importe puisque la Ligue des champions se moque des raisons. Résultat : Demba Ba, le titi qui est né à Sèvres et qui a toujours porté le PSG dans son cœur, marque un second but bizarre, à l’arrache, aux tripes. Et c’est Stamford Bridge qui vibre de bonheur.
Mais rappelez-vous l’an passé aussi. A l’heure de la revanche, après un match nul (1-1) au Parc, c’est une nouvelle fois Gary Cahill, placé au point de penalty – ça, c’est normal sur un corner mais tout seul, et ça on ignore toujours pourquoi -, qui hérite du ballon après un cafouillage et qui mitraille Salvatore Sirigu à bout portant. Paris, qui évoluait à dix contre onze depuis la demi-heure de jeu et le carton rouge injustifié sorti à l’encontre de Zlatan Ibrahimovic, allait une nouvelle fois plier face aux José boys…
C’était mal connaître David Luiz, qui faisait partie du camp des Blues en 2014 et qui vient catapulter, cinq minutes plus tard, une tête téléguidée dans la lucarne de Thibault Courtois. A 10 contre 11, Paris pousse les Blues à la prolongation. Patatras, une nouvelle fois, quand Thiago Silva, pourtant énorme, est coupable d’une faute de main en montant au duel de la tête. Penalty pour Chelsea et Eden Hazard qui marque. Cette fois, c’en est trop pour les Parisiens ? Pas encore. Silva va se faire pardonner de la plus belle des manières. Sur un corner de Thiago Motta, il trouve le moyen, au second poteau et en rupture, de réussir un tête lobée sur Courtois. Magique, 2-2 et voilà Paris en quarts de finale. Comme un déclic. Un passage obligé pour le PSG au cours de son long périple vers le toit de l’Europe.
Balayés par un Barça injouable au tour suivant, les joueurs de la capitale ont, de nouveau, rendez-vous avec leur histoire. Et de nouveau face aux maillots bleus de Londres. José Mourinho n’est plus là. Mais Guus Hiddink possède une sacrée expérience de ces matches-là, lui aussi, avec notamment une Ligue des champions (1988, avec le PSV Eindhoven) et une Coupe Intercontinentale (en 1998, avec le Real Madrid). Ça vous classe un bonhomme. N’empêche, dans le contexte actuel et la courbe de performances des deux équipes, Paris est favori et Paris doit passer.

■ LA MENACE : Eden Hazard et Oscar
Une seule petite passe décisive pour Eden depuis le début de la Ligue des champions (contre Porto, lors de la dernière journée). C’est bien en deçà de ses habitudes (il pointait quand même à 4 buts et 8 passes décisives en C1 l’an passé à pareille époque) et cela reflète le désert traversé par Chelsea depuis le début de la saison. Oui mais l’heure du grand soir arrive et les Blues sont tout à fait capables de se remettre au diapason. Cela s’appelle l’orgueil du champion. Hiddink a aussi replacé Oscar dans le couloir droit.
Si le Brésilien va moins vite et fait moins dans la provocation que le Belge, il est une alternative au jeu long, toujours un relais privilégié dans le cœur du jeu, capable de trouver une ligne de passe même face à un mur, capable de redoubler avec Cesc Fabregas, avant de chercher la verticalité ou l’espace libre. Attention, donc, aux dédoublements et aux accélérations dans le dos de Maxwell, même si on peut avoir confiance dans le Brésilien, irréprochable depuis son arrivée à Paname. De l’autre côté, le duel Serge Aurier-Eden Hazard qui s’annonce promet quelques étincelles. Et attention, Monsieur Serge, à ne pas commettre la faute de trop. Mais là encore, Paris ne doit douter de rien.

■ LE DUEL DES COACHES
Si Laurent Blanc, dont la prolongation de contrat devrait être officialisée d’ici le match retour, a su conquérir la confiance de Nasser Al-Khelaïfi, il le doit aussi à la qualification de l’an passé à Stamford Bridge. Non pas que le « Président » ait eu une quelconque influence sur la reprise de la tête de Thiago Silva, le carton rouge infligé à Zlatan ou encore la main de Thiago dans la surface. Mais le coach parisien, impassible du début à la fin, est resté droit dans ses bottes et ses principes de jeu. Comme il l’est à chaque fois. Si les Parisiens dominent aussi outrageusement le championnat, s’ils gagnent tout sauf une fois sur la pelouse de Bernabeu, un match qu’ils n’auraient jamais dû perdre, c’est aussi parce que Blanc a posé sa patte sur l’équipe et donc sur toutes les individualités qui la composent.
Zlatan, Thiago et les autres vont à la guerre avec leur coach. La question ne se pose même plus. Du coup, Paris semble là aussi un ton au-dessus de son adversaire londonien, qui a pataugé tout au long de la première moitié de la saison et qui navigue toujours à vue, malgré l’arrivée de « l’intérimaire » Guus Hiddink. Certes, le Batave a de sérieux arguments dans la poche mais il n’opposera que sa science tactique avec des joueurs et un groupe qu’il connaîtrait presque moins que Blanc, qui les a affrontés quatre fois au cours des deux dernières saisons. Avantage Paris, encore.

■ Comment battre Chelsea ?
> En ne concédant pas trop de coups de pied arrêtés
Les Parisiens devront sans cesse mettre l’accent sur deux priorités défensives : primo, mettre les sécurités sur les contres anglais. Avec la vitesse de Hazard, Pedro ou Willian, mais aussi la capacité de Chelsea à se projeter vite dans la verticalité par la justesse de passe d’un Cesc Fabregas, dont la relation avec Diego Costa retrouve quelques couleurs depuis le début de l’année 2016. Et puis il faudra limiter au maximum les fautes aux abords des trente derniers mètres et plus généralement les coups de pied arrêtés dans la surface de réparation. C’est là que les Blues sont les plus dangereux. C’est là, d’ailleurs, qu’ils ont marqué à chaque fois lors de leurs confrontations ces deux dernières années. Au niveau des centimètres, c’est une menace permanente et à tous les coins de la surface. Branislav Ivanovic, Gary Cahill, John Terry, Diego Costa, Nemanja Matic… On pourrait tous les citer tant ils sont spécialistes du genre. Et dans le vice. A Paris, on a du muscle et des centimètres aussi, de l’expérience, bien sûr, mais gare tout de même.

> En restant maître du temps
Les Parisiens sont supérieurs dans le jeu et dans la possession du ballon. Ils ne l’auront peut-être pas dans les proportions qu’ils affichent en Ligue 1 mais il auront quand même la possession du ballon. Ce sera donc à eux de dicter le tempo du match, comme ils ont si bien su le faire en infériorité numérique la saison dernière, même à Stamford Bridge. Ne pas se laisser embarquer dans un faux rythme au Parc, ne pas trop subir le vrombissement de Stamford Bridge. C’est toujours mieux avec la balle dans les pieds. Laurent Blanc le sait trop, c’est le credo de « Lolo ». Au-delà de cette bataille pour la possession, il faudra rester concentré jusqu’au terme du temps additionnel. Là aussi, Paris est bien placé pour le savoir. C’est dans les ultimes minutes que se sont jouées les qualifications lors des deux dernières confrontations. On sent le PSG encore mieux armé cette année et les Blues un ton en-dessous. C’est une donnée qu’il faudra confirmer sur le pré. Peut-être la clé. Si les Parisiens confisquent le ballon et en font si bon usage qu’en Ligue 1, même Chelsea devrait abdiquer. Rester maître du ballon, donc maître du temps.

> En étant efficace devant
Si Edinson Cavani a perdu sa place de titulaire depuis le début de l’année 2016, ce n’est pas parce qu’il refuse de jouer sur un côté mais bien parce qu’il manque trop d’occasions. Avec l’incorporation de Lucas dans le onze, un Lucas un peu plus collectif, Laurent Blanc s’offre de la vitesse et une menace plus importante qu’Edi dans le domaine de la frappe de balle. Or, il ne faudra pas hésiter. A frapper au sol, tendu, pour obliger Courtois à déplier sa grande carcasse. Certes, le gardien belge est capable – ce n’est pas pour rien l’un des meilleurs du monde – mais c’est toujours mieux de le faire se coucher que de l’obliger à s’élever. Au-delà du cas Cavani, il ne faudra pas oublier, à l’heure des retrouvailles, la revanche secrète qui travaille Zlatan. Le grand Suédois s’est fait injustement exclure lors du match retour au printemps dernier. « Ibra », qui entend les critiques au sujet de son manque d’impact sur le jeu et les résultats du PSG en Ligue des champions, paraît toujours plus sûr de lui au fil des saisons. Et si c’était la bonne, ce coup-ci ? Et s’il emmenait les siens tout en haut avant de laisser la place, lui qui arrive en fin de contrat ? Quand le détail est une envie zlatanesque, il est à ne surtout pas négliger.

■ Les duels à suivre
> David Luiz-Diego Costa
Le Brésilien avait non seulement bien maîtrisé l’attaquant espagnol la saison dernière mais il avait aussi été l’auteur de l’égalisation à cinq minutes de la fin. On peut compter sur son sens de la rigueur et son dépassement de fonction pour ne rien lâcher face au pitbull des Blues. Mais il devra faire face au vice et à la provocation permanente de l’ami Diego, pas toujours très fleur bleue quand il s’agit de jouer des coudes. La clé sera de le coller, de ne surtout pas lui laisser un mètre d’avance. Il en profiterait tout de suite pour se jeter par terre et chercher la faute, le carton, le jaune, le rouge.
> Matic-Thiago Motta
Ramires parti en Chine (bah, quoi ?), le milieu de terrain de Chelsea s’articule encore et toujours autour des grands compas du Serbe Matic, dont la patte gauche est une assurance tous risques au niveau de la relance comme du premier appui (souvent vers Fabregas). Mais Thiago Motta, qui expédie les affaires courantes avec une facilité de plus en plus déconcertante, avec ou sans Marco Verratti à ses côtés (depuis la blessure du « Hibou » à Madrid), a trouvé une certaine complémentarité avec Benjamin Stambouli. C’est à lui que revient le leadership du milieu. Or, comme souvent en Ligue des champions et comme toujours contre Chelsea, c’est en gagnant la bataille du milieu que les Parisiens feront une bonne partie du chemin. Entre les deux grands, ça promet quelques coups de vices, quand même.
> Kevin Trapp-Thibault Courtois
C’est sans doute le seul poste où les Blues peuvent revendiquer une supériorité sur leurs adversaires parisiens. Elle est légitime. Le gardien belge est, à juste titre, considéré comme le meilleur du monde avec Manuel Neuer. En face, le jeune Allemand, dont le recrutement l’été dernier avait pour but de permettre au PSG de franchir un palier supplémentaire là où Salvatore Sirigu avait flanché, n’a pas marqué que des bons points depuis le début de la saison. Mais il a aussi sorti quelques parades spectaculaires et efficaces. Pour lui, l’heure a sonné. Et l’occasion est vraiment belle de faire taire les critiques.

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