Équipe de France

Antoine Griezmann : « Tout casser ! »

Le bourreau du Barça en quarts de finale de la Ligue des champions, terreur des surfaces en Liga, a un autre objectif en tête. Tout bleu, celui-là.

PLANETE FOOT : Antoine, l’Euro approche, la pression monte ? Comment le vis-tu ?
Antoine GRIEZMANN :
On a tous hâte d’y être ! J’espère qu’on va vivre un truc fort, dans une très grosse ambiance. Je m’imagine marquer plein de buts, soulever la coupe.

PF : Et t’imagines-tu sans Karim Benzema ?
A.G. :
J’ai appris ça (ndlr : la non-sélection de l’attaquant du Real Madrid pour l’Euro) dans le bus en me rendant au stade, avant notre quart de finale retour de Ligue des champions contre le Barça. C’est, pour moi, beaucoup de tristesse parce que Karim est un ami. On s’entend très bien sur le terrain comme en dehors. Ça me rend triste mais il faut respecter les choix de chacun.

PF : Entre cette affaire dite de la sextape et les attentats de novembre en marge de France-Allemagne, les Bleus n’ont pas été épargnés en cette saison pré-Euro. Comment sens-tu le groupe maintenant que l’événement est là, tout près ?
A.G. :
Cette soirée du 13 novembre restera gravée dans nos têtes et dans nos cœurs. Je savais que ma sœur était à un concert. Et puis j’ai appris qu’elle était au Bataclan… Elle était là-bas. Tout ce qui s’est passé nous a encore plus soudés. Le groupe, je le sens bien. Je l’ai dit, je le redis. Pour moi, ne pas gagner l’Euro serait un échec. On est chez nous, on joue devant notre public, on a une équipe terrible. C’est comme une force en plus, qui nous pousse vers un seul et même objectif : tout casser pour l’Euro. Je suis sûr qu’on va le faire, on va bien se préparer. On y va ! Il nous reste des matches amicaux pour nous améliorer encore. J’espère juste que tout le monde travaillera bien avec son club jusque-là et sera prêt le jour J. Ce sera long et compliqué. On le sait.

PF : Offensivement, on a vu beaucoup de mouvements, de complémentarité et de cohésion contre la Russie au mois de mars… A.G. : Oui, dans le onze ou sur le banc, il n’y a que de très grands joueurs. C’est facile de jouer ensemble. Plus les matches avancent, mieux on se trouve. Tant mieux pour le coach s’il a des maux de tête pour faire son équipe !

PF : A titre personnel, on te sent de plus en plus épanoui, de plus en plus « taille patron » chez les Bleus…
A.G. :
J’essaie d’être le même joueur qu’en club. Petit à petit, j’y arrive.

PF : Une ombre au tableau : ces quatre buts encaissés en deux matches au mois de mars t’inquiètent-ils ?
A.G. :
Non, ce n’est pas une inquiétude. Ce n’est jamais bien de prendre des buts. Il faudra bosser là-dessus, c’est une base de travail. Et on sait qu’offensivement, on peut marquer à tout moment.

PF : Notamment sur coup franc direct. Le tien aux Pays-Bas, Dimitri Payet au Stade de France… Serait-ce la nouvelle arme secrète des Bleus ?
A.G. :
Un match peut basculer sur un coup de pied arrêté. Encore plus en phase finale. On a de bons tireurs. Il faudra tomber vers la surface… (Il sourit)

PF : D’ici là, il y a une fin de saison excitante qui peut devenir soit de toutes les couleurs, soit toute blanche avec l’Atlético. Quand on élimine le Barça, on pense à quoi ?
A.G. :
On veut aller au bout. On était très heureux parce qu’on avait à cœur de faire un gros match devant nos supporters. Barcelone était le tenant du titre en Ligue des champions. Le Barça, ce n’est pas rien. J’espère juste qu’on pourra répéter cela jusqu’à la dernière marche. Quand tu arrives en demi-finales, l’objectif est le même pour les quatre équipes. On a un groupe fantastique à l’Atlético. On est tous contents de défendre, tous contents d’attaquer. C’est notre force.

PF : As-tu conscience de ton nouveau statut chez les Colchoneros ? Il y a eu Sergio Agüero, Falcao, il y a Griezmann. Le référent offensif…
A.G. :
Non, pour être Falcao ou Agüero, il me reste du chemin, j’en suis loin ! C’est toujours flatteur d’entendre son nom associé à de tels joueurs mais je veux rester tranquille avec ça. C’est surtout grâce à mon coach. Diego Simeone m’a donné beaucoup de confiance. A chaque début de saison, il me veut meilleur. Il veut que je fasse plus. Il m’a dit que j’étais un joueur important. L’été dernier, il m’a demandé d’aller vers les nouveaux, de les guider. C’est une évolution. Mais il n’y a pas de plan tracé.

PF : Enfin, il y a quand même une sacrée trajectoire, depuis Mâcon, les clubs français qui disent non et le départ pour San Sebastian…
A.G. :
Oui, c’était dur au départ. Je me suis retrouvé tout seul, loin de ma famille. Après un tournoi que j’avais effectué avec Montpellier, le recruteur du club, Erice Olhats, m’a laissé sa carte avec, dessus, une demande d’essai d’une semaine à la Real Sociedad. Quand je suis rentré chez moi, mes parents n’étaient pas là. Je leur ai dit ça au téléphone, ils ont pensé que c’était une blague ! Ils m’ont cru à leur retour.

PF : Chouchou à Anoeta (le stade de la Real), nouveau chouchou de Vicente Calderon…
A.G. :
Mais à chaque fois, les débuts ont été compliqués. Au début, à la Real, je voulais accrocher quelques minutes de jeu avec l’équipe première, puis un match puis deux. J’ai toujours travaillé en me fixant des barrières. Encore aujourd’hui, d’ailleurs. Je sais que je peux aller encore plus haut.

PF : A l’Atlético, les débuts n’ont pas été roses non plus…
A.G. :
J’ai surtout eu du mal à m’adapter au rythme des entraînements. Plusieurs fois, au début, je me suis retrouvé à bout de souffle. Je manquais d’air, je n’avais pas les jambes. L’intensité et la concentration que demande Simeone aux entraînements m’ont surpris. A la Real, on ne jouait pas avec autant d’intensité. Je savais que les gens attendaient plus de moi, ne serait-ce que par rapport au prix de mon transfert. Mais je n’ai ressenti aucune pression. Pour moi, le foot est un jeu, j’essaie d’en profiter.

PF : Il y a eu le déclic du triplé à Bilbao en décembre 2014. Et autre chose ?
A.G. :
Le coach me disait depuis le départ qu’il me voyait plus attaquant axial que sur un côté. Il a toujours voulu que je sois le plus près possible de la surface. Oui, c’était dur au début parce que je n’étais pas titulaire et il fallait que je m’accroche. Même Diego Godin est venu me voir plusieurs fois à l’entraînement. Il me disait : « Arrête de faire des passes, prends ta chance, sois plus égoïste. » A Bilbao, j’ai compris que je devais faire en sorte d’être plus décisif. Arrêter de me contenter d’être satisfait de mon match. Etre efficace. Faire gagner mon équipe, changer le sort d’un match.

PF : Donc, rendez-vous à l’Euro ?
A.G. :
Rendez-vous à l’Euro !

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