Équipe de France

Antoine Griezmann : « Je ne revendique rien »

Deux mois après l’Euro, « Grizzy » a remis le couvert en bleu avec un nouveau statut à défendre et un nouvel objectif dans la mire : la Coupe du monde 2018 en Russie. Entretien avec le nouveau chouchou des Français.

PLANETE FOOT : Antoine, as-tu conscience d’être devenu le joueur préféré des Français depuis l’Euro ? La star de l’équipe de France ? On ne parle que de toi dans les cours de récréation… Es-tu surpris de ça, comment le vis-tu ?
Antoine GRIEZMANN :
Je ne me prends pas trop la tête, j’essaie de garder le sourire, tous les jours, sur comme en dehors du terrain. Je reste prêt pour une photo ou un autographe, c’est toujours une fierté de voir des enfants porter ou vouloir mon maillot, voir qu’ils sont contents de moi.

PF : Au début de l’Euro, après la déception de la finale perdue en Ligue des champions, tu as mis un peu de temps à retrouver de la fraîcheur physique et mentale. C’était normal mais ça a donné lieu aussi à quelques critiques. Comment les as-tu vécues ? C’est oublié ?
A.G. :
Ça pique, c’est vrai. Beaucoup de gens s’attendaient à ce que je marque trois ou cinq buts dès le premier match… Mais j’y suis allé petit à petit. Je savais que ça allait arriver. Et j’ai su être décisif sur les matches importants, conscient de ce que je devais faire sur le terrain.

PF : Sens-tu que tu as plus de responsabilités en équipe de France ?
A.G. :
Non, non. C’est un peu tout le monde qui doit parler, chacun à sa manière. Que ce soit dans le vestiaire ou sur le terrain. Moi, je ne vais rien changer, qu’il y ait des cadres ou pas. Faire de mon mieux sur le terrain en marquant des buts ou en faisant marquer, c’est comme ça que je veux parler.

PF : Deux mois après l’Euro, quel est l’héritage de la compétition ? Qu’en reste-t-il ? Qu’est-ce qui a changé ?
A.G. :
On ressent toujours beaucoup de bonheur et de fierté par rapport à ce que l’on a réalisé. Même si on n’a pas réussi à soulever le trophée. Il faut conserver ce qu’on a bien fait et améliorer deux ou trois choses. C’est dans cette voie que l’on va continuer à travailler, en pensant à la qualification pour la Coupe du monde en Russie.

PF : Améliorer deux ou trois choses, cela signifie quoi ?
A.G. :
Ce n’est pas à nous, les joueurs, mais plutôt au coach de répondre. A notre niveau, il faut apprendre et tout donner sur le terrain.

PF : Te rappelles-tu de tes premiers pas au château ?
A.G. :
Si je me souviens bien, c’était pour les Pays-Bas, juste avant la Coupe du monde au Brésil ? (ndlr : en mars 2014 au Stade de France, le seul match amical des Bleus avant l’annonce de la liste des 23 de Didier Deschamps pour le Brésil, victoire de la France 2-0)

PF : Quels étaient les cadres à ton arrivée ?
A.G. :
Il y avait Hugo (Lloris), Patrice (Evra)… Karim (Benzema), aussi, était là. Des gens qui ont l’habitude de parler dans leur club et qui le font très bien en équipe de France.

PF : Aujourd’hui, le cadre, c’est toi…
A.G. :
Non, je ne vais pas devenir un cadre parce que vous me le demandez ou parce que le coach me le demande. Je suis le même joueur, qui veut prendre du plaisir sur le terrain, qui aime faire des blagues. Par rapport à Hugo ou même Raphaël Varane, je ne parle pas, moi. Rapha a manqué l’Euro. Là, il était heureux de revenir, il avait le sourire. Tant mieux pour nous, on a besoin d’un grand défenseur comme lui. Je pense qu’il a ça en lui, il prend la parole de temps en temps. Et il le fait sans hésiter, c’est naturel.

PF : Mais pendant l’Euro, une nouvelle organisation s’est mise en place pour toi. Ce sont de nouvelles responsabilités, ça. C’est lourd ? C’est du bonheur ?
A.G. :
Moi, je ne revendique rien. Le coach fait ses choix et met des tactiques en place. Personnellement, je l’ai toujours dit, je me sens plus à l’aise quand je suis proche de la surface. Plus je suis dangereux, mieux je suis. A droite, à gauche, dans l’axe, je jouerai où on me le demande. Mais je préfère l’axe.

PF : L’arrivée de Kevin Gameiro à l’Atlético peut-elle être une bonne nouvelle pour les Bleus ? En d’autres termes, pourrait-on transposer l’idée en équipe de France ?
A.G. :
Pourquoi pas ? Mais pour le moment, c’est encore un peu tôt, c’est le début de saison, il faut trouver des automatismes.

PF : On sent bien que tu refuses les termes de « cadre » et de « leader ». Mais tu n’y peux rien : on attend monts et merveilles de toi maintenant…
A.G. :
Je ne sais pas si on attend plus de moi mais je sais que j’attends toujours plus de moi-même. Donc, la question ne se pose pas. Je continue de tout donner, de travailler avec l’idée d’améliorer ce que j’ai réalisé l’an dernier. A chaque début de saison, je veux faire mieux que la précédente.

PF : A ton retour en club, as-tu senti que les regards avaient changé autour de toi, des Bleus, par rapport à ce que vous avez réussi à l’Euro ?
A.G. :
Non, pas trop. J’ai reçu des félicitations pour ce qu’on avait fait mais en Espagne, ils nous voyait déjà en favoris avant le début de l’Euro, donc ils n’ont pas été surpris de nous retrouver en finale. A vrai dire, je n’en ai pas trop parlé avec mes coéquipiers.

PF : Qu’as-tu ressenti au moment de t’asseoir parmi les trois nommés pour le titre de meilleur joueur UEFA de la saison ?
A.G. :
C’était sympa, surtout pour bien voir en direct le tirage au sort ! J’adore le suivre à la télé. Là, j’étais aux premières loges. Pour le trophée ? Oui, c’était sympa d’y être. On a envie d’y retourner. Je vais tout faire pour vivre ça.

PF : Qu’est-ce que tu en retiens ? La fierté d’avoir été nommé ou la déception de ne pas avoir été l’élu ?
A.G. :
Un peu les deux. Vu la saison de Cristiano, c’était normal qu’il soit sacré. Mais j’étais très heureux et très fier de pouvoir représenter la France et l’Atlético. Je suis très content qu’on me mette à ce niveau mais j’ai encore beaucoup à apprendre pour pouvoir être un jour, peut-être, comparé à Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo. Eux, c’est vraiment exceptionnel. Chaque saison, c’est 40 ou 50 buts et on a l’impression que c’est facile. Or, ils sont attendus à chaque match. Moi, si je veux mettre 40 ou 50 buts par saison, il faut que je bosse encore.

PF : Bosser quoi ?
A.G. :
Mais tout ! Dans tous les domaines, défensivement, offensivement. Devant le but, dans les appels, on peut toujours s’améliorer. C’est ça que je recherche.

PF : En quoi l’Euro et ce statut de vice-champion d’Europe peuvent-ils aider les Bleus lors des qualifications pour la Coupe du monde ?
A.G. :
A rien ! Pour moi, il faut oublier l’Euro, passer à autre chose. La Coupe du monde est notre objectif. C’était beau, c’était chez nous mais ce n’est pas ça qui va nous qualifier. Peu importe les rencontres qu’on a, il faut tout gagner. L’objectif, c’est de finir premier.

PF : « Grizou », « le Petit Prince », « El Diablo », « Grizzy »… Lequel préfères-tu ?
A.G. :
«  Grizzy ». Pour la famille, les amis, c’est « Grizzy ».

PF : Pour conclure, tu as démarré ta carrière internationale avec une Coupe du monde au Brésil. Puis tu as vécu l’Euro en France. Ça donne envie, franchement, la Coupe du monde en Russie ?
A.G. :
Bien sûr, ça fait rêver. Il s’agit d’un objectif depuis très longtemps. C’est un rêve pour beaucoup d’enfants. Peu importe le pays, on va y aller avec énormément de plaisir. Enfin, déjà, il faut se qualifier ! Après, on essaiera de faire quelque chose de bien.

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