Équipe de France

Alexandre Lacazette, la paradoxale promesse

L’attaquant lyonnais, le seul à avoir détrôné Zlatan Ibrahimovic du classement des buteurs pendant les années parisiennes du Suédois, reste encore en retrait chez les Bleus. C’est bizarre mais il n’a que 25 ans et demain lui appartient.

Sélectionné parmi les sept réservistes pour l’Euro 2016, Alexandre Lacazette a été rappelé par Didier Deschamps début septembre. C’était dans la logique de son début de saison canon avec l’OL mais c’était juste avant que son genou ne siffle, à nouveau, une fin de récréation anticipée, à Dijon. Il venait de marquer son sixième but en sept mi-temps, quand même, et Alex était parti sur des bases proches de celles de la saison 2014-15 qui l’avait vu finir meilleur buteur du championnat de France devant Zlatan Ibrahimovic, avec 27 pions au compteur. Des stats de nature à vous installer à la pointe d’une table étoilée, dans l’une des meilleures taules d’Europe.
Lui a fait le choix de Lyon. Il y est resté, avec un salaire qui va bien, un stade tout neuf et tout le baratin de Jean-Michel Aulas, c’est sûr, mais avec un plan de carrière qui l’a éloigné, qu’il le veuille ou non, de la concurrence en équipe de France à son poste. Quand Kevin Gameiro s’est exilé à Séville puis a fait le choix de l’Atlético Madrid, quand Antoine Griezmann est devenu « Grizou » dans la capitale espagnole, quand Kingsley Coman ou Anthony Martial ont pris la lumière des projecteurs en pleine face à Munich et Manchester, Alexandre le Grand s’est retrouvé tout petit dans le décor de Gerland puis du Parc OL. Une 4e place, l’an passé, dans la poule de Ligue des champions. Derrière La Gantoise…
Belote, rebelote, avec un penalty manqué face à Gianluigi Buffon début octobre et une défaite de l’OL face à la Juve, un soir où les Italiens auraient pu (dû ?) repartir avec une défaite de Lyon. Pas de bol. C’est un peu à charge, un peu cliché, mais ça résume un peu le fossé qu’il ne parvient pas à combler depuis deux ans avec l’équipe de France.
Pourtant, Didier Deschamps ne l’oublie pas. Il faisait bien partie, on l’a dit, des sept réservistes à l’aube de l’Euro. Au même titre que Kevin Gameiro, ce qui illustre bien l’importance de la chose et le caractère absolument pas neutre de l’antichambre du mois de mai, aux yeux de « DD ». Car le constat est aussi le suivant : à 25 ans, Lacazette est sans doute, derrière Antoine Griezmann, celui qui rassemble le plus les qualités de l’attaquant de pointe. Un vrai neuf, un buteur qui va vite, qui prend la profondeur, qui développe une science déjà intéressante du démarquage, qu’il va encore améliorer, et qui est devenu robuste au duel. Ajoutez une bonne frappe de balle, un joueur qui sait attraper le cadre, même sur un pied, un garçon qui n’a pas (toujours) besoin de trente occasions pour en concrétiser une. Bref, le genre de profil carrément compatible avec le plus haut niveau. Reste à se faire une place en bleu.
A la place de qui ? Si André-Pierre Gignac et Olivier Giroud sont les deux plus âgés au rayon des attaquants, c’est surtout l’APG des Tigres qui paraît le plus menacé en cas de sélection du Lyonnais. Certes, il n’affiche qu’un seul but en 10 sélections. Mais nous parlons ici d’un joueur qui va devenir centenaire : à l’heure où nous écrivons ces lignes, Alexandre Lacazette a marqué 99 buts en 238 matches avec l’OL. Il a disparu des écrans radars bleus en 2016 mais son nom annonce toujours l’avenir de l’équipe de France. C’est un paradoxe et une promesse. Une paradoxale promesse.

Le chiffre : 1
S’il n’a marqué qu’un seul but au cours de ses 10 premières sélections, on ne peut pas dire qu’Alexandre ait fait les choses à moitié : le 29 mars 2015, dans la victoire des Bleus contre le Danemark, il reprend d’une volée smashée un ballon repoussé par Kasper Schmeichel. Rien d’autre ? Si, ce France-Danemark, sa sixième sélection, se jouait à Geoffroy-Guichard ! Un Gone buteur en bleu chez les Verts, fallait quand même le faire.

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