Équipe de France

Albanie : Petits mais costauds

Pour leur toute première phase finale, les Albanais se font tout petits mais ils espèrent gros.

C’est leur nature. Ils sont plus fiers qu’apeurés. Toujours. Les marques de l’histoire sans doute, qui les voit depuis si longtemps défendre leur identité au milieu du cratère du Caucase et dont les traces apparaissent encore, marquées comme des coulées de lave, entre le Kosovo et le Monténégro, entre Pristina et Srebrenica, des noms qui résonnent et qui suffisent à décrire leur état d’esprit quand il s’agit de défendre leur surface de réparation.
Les Albanais ne prennent aucun match à la légère. Il suffit de leur demander le nom du plus grand joueur de l’histoire du pays : Panajot Pano, qu’ils disent. Quatre lettres et un patronyme inconnu. Une référence chez eux. Pano, l’auteur du premier but albanais en éliminatoires de l’Euro, était un gardien de but quand il était adolescent. C’est le manque de joueurs de champ qui a obligé l’entraîneur de l’époque à le changer de poste. Une anecdote qui traduit la petitesse de l’Albanie sur l’échelle du foot international en même temps que cette fierté éternelle.
Au cours de la campagne qualificative, les Albanais n’ont encaissé que cinq buts en huit matches, signe d’une solidarité de tous les instants, en plus d’une solidité dont on ne doutait pas. C’est aussi la marque de Giovanni de Biasi, l’Italien qui avait fait du bon boulot au Torino et à l’Udinese et qui a affiné encore ce bloc bien difficile à bouger, quel que soit l’adversaire.
De Biasi, le coach qui a qualifié les « Kuq e Zinjtë » (les Rouges et Noirs, le surnom de la sélection) pour leur première phase finale, a déjà reçu la nationalité albanaise pour « services rendus à la patrie ». Il s’avance sans pression vers l’Euro. Mais sans sourire non plus. Car la perspective de croiser les Bleus ne l’enchante guère. Pourtant, ce sont bien ses Rouges et Noirs qui ont donné tant de fil à retordre à la bande à Didier Deschamps (1-1) à l’automne 2014, puis les a rossés (1-0) en juin 2015. « L’Albanie, on peut dire ce qu’on veut, avait réagi « DD » lors du tirage au sort, mais on n’a pas gagné contre eux. On a même perdu chez eux ! »
De toute façon, s’ils ne rigolent pas, ils n’inspirent plus la rigolade non plus. Cela faisait plusieurs années déjà que les Albanais n’étaient plus des candidats déclarés au carton des milieux de semaines internationales. Enquiquinants, ils sont devenus piégeux. Les voilà qualifiés. Alors pour leur premier Euro, ne comptez pas sur eux pour la jouer petits bras. « On va faire le maximum », prévient De Biasi qui articule son axe défensif autour de Lorik Cana, son relais, son patron. « Oui, il est, de par son expérience, le patron naturel du vestiaire et aussi mon traducteur attitré, pour les quelques joueurs de l’équipe qui ne parlent pas l’italien. »
Lorik Cana, qui pourrait mettre un terme à sa carrière après l’Euro (c’est ce qui se dit mais c’est loin d’être acté), prend son rôle très à cœur et s’offre une sacrée récompense crépusculaire. En plus de la qualification historique, la perspective de croiser les Bleus au Stade Vélodrome, à Marseille, est une sucrerie qu’il devrait déguster goulûment. Attention aux Rouges et Noirs.

Classement FIFA : 45e

Bilan Euro :
• Aucune participation à l’Euro

La cote de « Planète » : 2

Comment ils jouent
C’est autour de la charnière centrale Mërgim Mavraj-Lorik Cana que Giovanni de Biasi fonde l’essentiel de son arbre défensif, qui se déploie en 4-1-4-1. L’Albanie est construite pour défendre, avec des joueurs habitués à évoluer derrière le ballon, à bien coulisser dans la largeur, de manière à réduire les espaces, en y mettant tout leur cœur. Du cœur, ils n’en manquent pas et ça fait parfois du grabuge dans certaines interventions. Attention aux cartons à l’Euro, car ce n’est pas ce que les remplaçants ont montré contre le Luxembourg (victoire 2-0 le 29 mars) qui incite à l’optimisme du côté du banc de touche. Sinon, la vitesse de course d’Ermir Lenjani, très vif en contre, et la maîtrise technique et tactique de Taulant Xhaka au poste de sentinelle sont quand même à noter.

Le coach : Giovanni de Biasi
Né le 16.06.1956 à Sarmede (ITA)
En poste depuis décembre 2011
Poste précédent : Udinese
37 matches, 15 v, 9 n, 13 d

Leur camp de base
Hôtel Agapa à Perros-Guirec. Le groupe s’entraînera au stade Yves Le Jannou.

La parole à… Lorik Cana
« On connaît bien la Suisse : la moitié de l’équipe est albanaise. La Roumanie est l’équipe qui a le mieux défendu de toute la phase éliminatoire. Mais je pense qu’on retrouvera la France à la tête du groupe. Derrière, on jouera notre chance à fond. Je sais que Deschamps va dire que je mets la pression mais honnêtement, l’équipe de France est pour moi l’un des prétendants au titre. Sportivement, on ne fait pas une grosse affaire. Mais jouer les Bleus au Vélodrome représente pour moi un sacré clin d’œil du destin. »

Leurs éliminatoires
2e du groupe I
14 pts, 4 v, 2 n, 2 d, 10 bp-5 bc
07.09.2014 : Portugal-Albanie 0-1 (Balaj)
11.10.2014 : Albanie-Danemark 1-1 (Lenjani)
14.10.2014 : Serbie-Albanie 0-3 (sur tapis vert)
29.03.2015 : Albanie-Arménie 2-1 (Mavraj, Gashi)
04.09.2015 : Danemark-Albanie 0-0
07.09.2015 : Albanie-Portugal 0-1
08.10.2015 : Albanie-Serbie 0-2
11.10.2015 : Arménie-Albanie 0-3 (Hovhannissian c.s.c., Djimsiti, Sadiku)

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