Étranger

Ajax Amsterdam, le foot avec un grand A (2/2)

Le géant d’Amsterdam cultive ses différences à travers les époques. La clé ? Toujours s’appuyer sur ses convictions et une certaine vision du « home made ». Plongée au cœur d’un club complètement foot.

Les grandes heures : Entre hippie football et génération in vitro
On ne peut pas évoquer l’Ajax Amsterdam sans revenir sur les deux générations de rêve que le club a enfantées. La première a sévi au début des seventies, avec comme premier coup d’éclat la campagne européenne de 1970-71. Là, l’Ajax nettoya tous ses adversaires en laissant une trace. Dans l’ordre, le FC Bâle, le Celtic Glasgow, l’Atletico Madrid et Tirana, avant de terrasser en finale le Panathinaïkos Athènes entraîné par Ferenc Puskas, à Wembley. C’est la première page d’un fabuleux triptyque. 1971, 72, 73 : l’Ajax est injouable, joue tout pour l’attaque et bat tous les records. Son gardien, Heinz Stuy, reste plus de 1 000 minutes (12 matches) sans encaisser le moindre but en 1971.
Les nouvelles stars s’amoncellent, dans le sillage de Johan Cruyff. Rinus Michels, sur le banc, révolutionne le jeu et c’est une équipe à mi-chemin entre une Dream Team et les Harlem Globetrotters qui s’amuse aux quatre coins de l’Europe. En 1972, la victoire en finale de la Coupe d’Europe face à l’Inter Milan et son catenaccio est considérée comme un tournant dans l’histoire. C’est la victoire du football d’attaque sur la défense à tout crin. En trois saisons, l’Ajax gagne tous ses matches de Coupe d’Europe à domicile, marquant 34 fois et encaissant seulement 3 buts. En 1972 et 1973, il remporte le championnat, simple formalité, en claquant plus de 100 buts dans la saison. La hippie technologie. La hippie hour. Le hippie football.
L’âge d’or revient au début des nineties, quand Leo Beenhakker quitte le club pour rejoindre le Real Madrid. Sa place est récupérée par son adjoint : Louis Gan Gaal. Retour aux sources et nouvelle éclosion d’une génération hors du commun. Le nouveau chef de file se nomme Dennis Bergkamp, terreur des surfaces, meilleur buteur des Pays-Bas. Mais Bergkamp file à l’Inter. Van Gaal poursuit sa reproduction in vitro. Alors que Frank Rijkaard vient terminer sa carrière comme un prince, l’Ajax déploie une armada aussi jeune que talentueuse : Patrick Kluivert, Marc Overmars, George Finidi, Danny Blind, Jari Litmanen, Clarence Seedorf, les frères De Boer, Van der Sar, Nwankwo Kanu, Edgar Davids…
En 1995, un but de Patrick Kluivert, tout juste 18 ans, offre la Ligue des champions face à l’AC Milan. Le point d’orgue d’une saison mémorable, tant dans le style de jeu que dans les chiffres. L’Ajax échoue la saison suivante en finale de la C1 face à la Juve de Didier Deschamps et Fabrizio Ravanelli, au Stade Olympique de Rome. A un cheveu du doublé.

Le football total, c’était quoi ?
C’est dans les années 70 que l’expression trouve sa traduction sur le terrain. C’est à l’Ajax que ça se passe. C’est dans la langue universelle du football et tout le monde comprend. Initié par l’emblématique Rinus Michels et appliqué par une équipe de dingues, avec Johan Cruyff pour locomotive, le concept est simple : les onze joueurs attaquent, les onze joueurs défendent. Ce qui est toujours facile à griffonner sur un bout de papier, les joueurs de l’Ajax vont le transformer en révolution sur le terrain. Le 4-3-3 jette les bases mais chaque joueur, dans le mouvement perpétuel privilégié par le staff, permute, bouche ou compense la position de l’autre en fonction de ce même mouvement. Le résultat se transforme en une occupation des espaces sans faille. Et surtout en gigantesques arabesques indéchiffrables pour l’adversaire.
Cruyff, le symbole de la chose, était placé à la pointe de l’attaque sur les feuilles de matches mais le génial n°14 déboulait sur tout le front de l’attaque, de droite à gauche, des lignes de touche au point de penalty. Il fallait une condition physique irréprochable, ce qui renforçait encore le côté magique de la chose. Les Rinus Michels’ boys étaient tous des sex symbols à la mode seventies, avec barbe de trois jours et cheveux longs. Ils évoquaient davantage Woodstock et les festivals hippies qu’une équipe de foot professionnelle…
Johan Cruyff, déjà entraîneur dans sa tête – en même temps que génie sur les terrains -, était la tête pensante de l’échiquier. Il rappelait régulièrement à ses coéquipiers où, quand et comment courir. Ou, au contraire, de ne pas bouger. A ses côtés, Johan Neeskens, Ruud Krol, Arie Haan, Arnold Mühren, Johnny Rep et les autres formaient l’équipe à battre qui n’a jamais été battue. Avec cette philosophie totale, les Rouges et Blancs remportent trois Coupes d’Europe consécutives (1971, 72 et 73) et assoient leur suprématie sur le foot européen. La belle époque du label Ajax…

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