Étranger

Ajax Amsterdam, le foot avec un grand A (1/2)

Le géant d’Amsterdam cultive ses différences à travers les époques. La clé ? Toujours s’appuyer sur ses convictions et une certaine vision du « home made ». Plongée au cœur d’un club complètement foot.

Ajax. Parfois, rien que le nom suffit à filer le frisson. Ces quatre lettres-là font cet effet. Et on ne parle pas du produit nettoyant, multi-surfaces, avec ou sans Javel, parfum pamplemousse ou senteurs eucalyptus, comme c’est promis sur le paquet. On n’ignore pas, non plus, le héros de la mythologie grecque, dont on trouve quelques traces dans la Guerre de Troie. Parce que c’est de lui qu’il s’agit, sur le logo, au départ (voir par ailleurs). Mais puisqu’on parle de foot et qu’on tourne la tête au Nord, direction Amsterdam. On ouvre grand les yeux : Ajax, un nom à part.
Et même si l’équipe coachée depuis quatre saisons par Frank de Boer se retrouve dans le ventre mou de l’Europe depuis un certain temps – surtout depuis que la puissance économique a redessiné la carte de l’Europe du ballon -, il flotte comme un courant d’histoire entre les souvenirs des grands soirs et les traces incrustées, indélébiles, qu’aucun détergent ne pourra jamais effacer. Ajax. Quatre lettres inscrites au patrimoine mondial de l’humanité. Et surtout du football.

Les origines
L’histoire débute aux alentours de 1893 avec la naissance de l’Union, qui devient dès 1894 le Football Club Ajax, en référence à ce personnage de la mythologie grecque réputé pour son audace et son courage. Mais l’histoire peine à se mettre en place, l’équipe déménageant sans cesse d’un stade à l’autre, à la périphérie de la ville. Le 18 mars 1900, à l’initiative de Floris Stempel, qui devient son premier président, l’Ajax est officiellement fondé. Il rejoint l’Association de football d’Amsterdam et obtient enfin un terrain.
Le club accèdera à la Première division en 1911, une étape en forme de changement : on édifie une tribune (en bois), la première, et surtout, on change le maillot. Auparavant, il était à rayures blanches et rouges. Cette tunique ressemblait trop à celle du Sparta Rotterdam. La décision est prise : on en change. Apparaît ainsi une large bande rouge au milieu et le reste tout en blanc. Enfin, l’Ajax devient aussi et pour de bon l’Ajax Amsterdam afin de ne plus être confondu avec un autre, plus au sud, l’Ajax de Leyde. Les premières pierres de l’édifice sont posées.

La philosophie : Une autre façon de voir le foot
On se souvient encore de l’anecdote de Julien Escudé, qui a été le premier (et toujours le seul, à ce jour) joueur français de l’Ajax. Il venait de débarquer du Stade Rennais. Le frère du tennisman Nicolas voulait accrocher une place de titulaire dans l’équipe alors dirigée par Ronald Koeman. Il fut estomaqué de voir les jeunes défenseurs du club comme ceux de l’équipe première, bref, ses nouveaux concurrents, enchaîner des transversales de quarante mètres avec… leur mauvais pied ! La nature même du travail demandé pouvait surprendre. Mais c’est surtout l’exécution qui avait de quoi faire peur puisque, pour la grande majorité des exécutants, ces transversales étaient réussies. « Il y avait Zdenek Grygera, Maxwell mais aussi les jeunes du centre de formation. Et il y avait une qualité technique assez ahurissante ! »
Julien, qui avait été recruté pour « la qualité de sa relance », jouera et s’éclatera pendant deux saisons. Au-delà de l’anecdote, c’est toute une philosophie qui a sauté aux yeux de l’ancien Rennais. On entre à l’Ajax parce qu’on est un bon footballeur. Et pas qu’à moitié. Ici, l’expression « football total » n’est pas un leurre. C’est l’ADN de la maison. A l’Ajax, le talent n’a pas d’âge mais l’histoire et le passé font partie intégrante de l’identité. On reviendra plus tard sur l’incroyable source de talents qui ont jailli entre ces murs mais il faut aussi regarder la composition de l’encadrement pour comprendre ce qui se passe.
Au cours des quinze dernières années se sont succédé sur le banc de touche Ronald Koeman, Ruud Krol, Danny Blind, Marco Van Basten, John Van’t Schip et Frank De Boer (depuis 2010). Ce dernier a pour adjoint un certain Dennis Bergkamp. On a beau chercher, même au Bayern Munich ou à Barcelone, où le poids de l’histoire et le blason du club pèsent lourd aussi, on ne trouve nulle part pareille concentration de talents maison au pouvoir. Et même si les résultats à l’échelle internationale ne sont plus en corrélation avec le CV des bonshommes, il y a des décisions et des fidélités qui n’ont pas de prix. Elles valent bien plus que le fair-play financier. C’est une question de principe, peut-être, mais c’est surtout une sacrée manière de voir le foot.

A suivre…

L’histoire du logo
Le tout premier logo du club (dans les années 1900) représentait un simple footballeur, avec des couleurs rouges et blanches. En 1925, l’image du héros grec à l’origine du nom du club fait son apparition sur le blason officiel. Son bouclier est rouge et blanc, il représente les couleurs du club. En 1991, le logo est retouché. Comptez bien, son visage est constitué de onze traits. Soit une équipe de foot. Certains supporters parmi les plus virulents le contestent encore et réclament le retour de l’ancien. Sous la pression, l’ancien logo est réapparu sur le maillot de la saison 2012-13 et la boutique commercialise toujours quelques produits dérivés à son effigie. Mais quand même : onze traits pour dessiner son blason, il n’y a qu’à l’Ajax qu’on voit ça !

Le palmarès
Trois étoiles sur le maillot. L’Ajax fait partie des rares équipes au monde à collectionner plus de 30 titres nationaux. C’est aussi l’une des seules à posséder dans sa vitrine la Ligue des champions, la Coupe des vainqueurs de Coupe et la Coupe de l’UEFA/Ligue Europa. Ils ne sont que quatre dans ce cas : l’Ajax, donc, le Bayern Munich, la Juventus Turin et Chelsea depuis 2013. A tous ceux qui auront la chance de pénétrer dans le musée, prenez garde à ne pas vous brûler les yeux !
• 33 titres de champion : 1918, 1919, 1931, 1932, 1934, 1937, 1939, 1947, 1957, 1960, 1966, 1967, 1968, 1970, 1972, 1973, 1977, 1979, 1980, 1982, 1983, 1985, 1990, 1994, 1995, 1996, 1998, 2002, 2004, 2011, 2012, 2013, 2014
• 18 Coupes des Pays-Bas : 1917, 1943, 1961, 1967, 1970, 1971, 1972, 1979, 1983, 1986, 1987, 1993, 1998, 1999, 2002, 2006, 2007, 2010
• 8 Supercoupes des Pays-Bas : 1993, 1994, 1995, 2002, 2005, 2006, 2007, 2013
• 4 Coupes d’Europe des clubs champions/Ligue des champions : 1971, 1972, 1973, 1995
• 1 Coupe des vainqueurs de Coupe : 1987
• 1 Coupe de l’UEFA : 1992
• 2 Supercoupes d’Europe : 1974, 1995
• 2 Coupes Intercontinentales : 1972, 1995

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017-2018 Editions Blue Print / SESIMS

To Top