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Stéphane Risacher, la leçon de solfège

Mercredi 2 Novembre 2011 - 16:00

Comparé dans ses jeunes années à Toni Kukoc, Stéphane Risacher explosa sous le maillot lyonnais avant de connaître la consécration au PSG Racing. Après l’obtention de l’argent aux J.O. de Sydney, il tenta l’aventure espagnole.


Stéphane Risacher, la leçon de solfège
C’est une belle plante de 2 mètres à la recherche de ses racines. Quand l’Alsace rencontre la Martinique, qu’est-ce que ça donne ?

« J’ai pris du blanc, j’ai pris du noir. Le caractère calculateur de mon père et celui ensoleillé de ma mère. »

Un cocktail au goût du basket français.

« C’est le futur pro idéal ! »

L’éloge vient de Jean-Pierre de Vincenzi, coach de l’équipe de France juniors et futur sélectionneur des A. Qui est donc ce garçon noyé sous une montagne de fleurs ? Stéphane Risacher. Le natif de Moulins est un produit du Centre fédéral du basket-ball. Ailier, il a fait ses débuts en Pro A à 17 ans sous les couleurs de l’ASPO Tours.

« C’est un joueur pétri de qualités techniques et athlétiques, reprend le futur DTN. Il possède déjà toutes les caractéristiques de l’ailier moderne. Il score, il défend et il est impliqué dans tous les compartiments du jeu. »

Au même titre que son pote Yann Bonato, l’ami « Steph » va vraiment tutoyer l’élite du basket français en ce mois de septembre 1991, dans les rangs de La Croix Rousse Olympique Lyon Basket. Ce n’est pas à proprement parler un rookie. On l’a dit : la Nationale 1 A (future Pro A), Risacher connaît. Mais finalement assez peu. Une petite saison en 1989-90 avec Tours en compagnie de son frangin Marc. L’année suivante, il la passe en Nationale 1 B avec Lyon.

« Je n’ai jamais revendiqué une place dans le cinq mais cette année à Tours fut extrêmement compliquée. J’avais perdu confiance. »

Risacher a la tête bien vissée sur les épaules. Il aime avant tout se faire plaisir sur un terrain. Un besoin, une sensation vitale pour exprimer son talent. Attention : « prendre du plaisir » ne signifie pas « jouer en dilettante ».

« La notion de plaisir, pour moi, n’a de sens que si elle s’accompagne du sentiment du devoir accompli. Je veux m’éclater sur un terrain. Mais la satisfaction n’est pas là si je n’ai pas le sentiment de m’être vraiment défoncé sur le parquet. »

Notre petit surdoué est en réalité un garçon très sensible. Sa stabilité émotionnelle, il la travaille tous les jours au gymnase avec ses partenaires de la CRO Lyon. Avec des pros. Des super. Harold Keeling, l’Américain sur qui il défend à l’entraînement. Eric Beugnot, le grand frère. Skeeter Jackson, arrivé au club en même temps que lui.

« Je suis le petit jeune. J’apprends. A Lyon, je bénéficie d’un environnement très propice. J’évolue aux côtés d’excellents joueurs et on a un très bon coach, Jean-Michel Sénégal. »

Cette année en Nationale 1 B lui aura été profitable. Il a même goûté aux joies - et aux honneurs - d’un stage en équipe de France, juste avant le championnat d’Europe à Rome. Avec les grands. Et le petit bleu s’en est plutôt bien sorti.

« Stéphane n’est pas loin de l’équipe de France, pronostique alors Jean-Pierre De Vincenzi, assistant de Francis Jordane. C’est un élève doué qui doit confirmer. Il lui faut travailler sa régularité au niveau de l’adresse. Sa volonté de réussir et ses qualités devraient lui permettre de gagner rapidement sa place en sélection. »

COMPARE A TONI KUKOC

L’équipe de France et Stéphane Risacher, c’est une histoire d’amour qui a débuté à l’époque des cadets. La génération INSEP (Institut national des sports et de l’éducation physique), regroupée le temps d’une saison à Paris. Parcours instructif en Nationale 3 pour le p’tit jeune venu du Stade Clermontois.

« L’INSEP ? Ça m’a marqué. Quand tu as 16 ans et que tu vis ta passion au quotidien avec un groupe sympa, c’est super. Le basket français est attentif aux jeunes qui passent par cette formation. C’est là qu’on a commencé à s’intéresser à moi. J’ai goûté au stage seniors, ça fait plaisir. Mais j’ai encore le temps de viser une place en A. »

Stéphane Risacher, la leçon de solfège
Dès septembre, les projecteurs vont se braquer sur le gaucher au maillot noir. Lyon a les crocs. Invaincue en Nationale 2, tranquillement championne en Nationale 1 B, l’équipe de Sénégal vise l’Europe. Et « Steph », serein, continuera de défendre sur les Américains.

« J’aime défendre parce que ça me permet de relancer en attaque. Je prends aussi mon pied en un contre un. Mais attention, ça ne signifie pas que j’adore monter sur la gueule de l’adversaire. Je cherche juste à retrouver la confiance. Et puis je n’aime pas perdre. »

Le jeu de Risacher séduit. On le compare parfois à Toni Kukoc qui n’est pas encore vice-champion olympique de Barcelone (et encore moins 6e homme chez les Chicago Bulls). « Juste » une superstar du basket européen en partance pour Trévise après 4 années à Split. Et un palmarès déjà long comme le bras (2 fois MVP du Final Four de l’Euroleague, 1 fois MVP du championnat du monde, 1 fois MVP de l’Euro, 1 titre de champion du monde, 2 Euros, 3 titres de champion d’Europe, une médaille d’argent aux J.O. 1988 de Séoul, une médaille de bronze à l’Euro 1987).

« Bien sûr, cette comparaison me fait plaisir. J’essaierai de donner raison à ceux qui le pensent. Je me donne deux, trois ans pour améliorer mon jeu. Je dois d’abord progresser physiquement et prendre des kilos. »

Ce qui frappe à l’époque chez ce garçon de 18 ans, c’est sa maturité et sa gentillesse. Pas de grosse tête ni de prise de tête. Son évasion à lui, c’est la musique. Une passion transmise par son frère Marc, meneur à Tours. C’est même une véritable obsession.

« Tout mon temps libre est consacré à la musique. Jazz, blues, samba, rock… Mes goûts sont très variés. »

Quand il retire son maillot frappé du logo Jet Services et son short, Stéphane enfile un bon vieux jean délavé et le perfecto couleur rock’n roll. Et en avant la musique ! A l’automne, il ne faudra pas se tromper de partition. Les notes n’auront plus la même résonance. A son âge, comme tout bon élève, on passe le bac. Section économie en ce qui le concerne.

« Après, je prendrai une année sabbatique pour me consacrer à fond au basket. J’envisage de poursuivre des études en histoire-géo. »

L’histoire, Risacher l’écrira à sa façon. Passé à 2,03 m (pour 95 kg), il atteint les 17.1 points (54.2% aux tirs), 5.1 rebonds et 3.8 passes dans sa troisième saison dans la capitale des Gaules, en 1993-94. Direction Paris. Stéphane signe sa meilleure moyenne chez les pros durant sa deuxième saison au Racing (18.5 pts). Il sera l’un des hommes-clés du titre de champion de France 1997 avec J.R. Reid, Eric Struelens et le vétéran Richard Dacoury (16.4 pts, deuxième meilleur marqueur de l’équipe).

Après un intermède d’un an à Pau, Risacher quitte la France. Il évolue 2 ans au Pirée, 4 à Malaga - titre de Liga ACB à la clé -, 2 à Murcie et termine son parcours à Chalon-sur-Saône en 2010. Aux cinq trophées décrochés en club se sont ajoutés le titre de MVP du All-Star Game français en 1997 et surtout la médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Sydney avec l’équipe de France. Stéphane avait décroché le même métal lors du championnat du monde Espoirs en 1993.

Fred LESMAYOUX / MONDIAL BASKET

Palmarès
Champion d’Espagne 2006
Champion de France 1997
Champion de France de Pro B 1991
Coupe du Roi 2005
Coupe de Grèce 2002
MVP du All-Star Game français 1997
5 fois All-Star
123 sélections
Médaille d’argent aux J.O. de Sydney 2000

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