Équipe de France

11 bonnes raisons de croire en ces Bleus (8)

Les Bleus s’avancent aujourd’hui avec quelques certitudes en plus. Du statut à la maturité nouvelle du groupe en passant par le jeu et l’esprit, on a répertorié onze motifs de croire en l’avenir immédiat de l’équipe de France. Avec, dans le viseur, comme objectif majeur, la campagne de Russie. Décryptage point par point.

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La révélation Sissoko

L’ancienne doublure de luxe des Bleus a profité de l’Euro pour changer de statut et se glisser dans la peau d’un titulaire en puissance. Une belle histoire et un atout supplémentaire dans la besace du sélectionneur.

Moussa Sissoko s’est longtemps imposé comme une évidence dans le rôle du numéro complémentaire. Il s’agissait pour tout le monde, et notamment pour Didier Deschamps, d’une parfaite doublure chez les Bleus. Un mec qui ne pose aucun problème et qui s’adapte à son statut sans faire la moindre vague. D’une loyauté à toute épreuve. Celui qui débutait rarement les matches importants mais rentrait souvent en cours de rencontre. Il était perçu de cette manière et s’en accommodait plutôt.
« Moi, confiait-il alors, appartenir au groupe des 23 me convient totalement. C’est quelque chose d’énorme. On a besoin de tout le monde. Après, je laisse dire ou penser les gens. Le sélectionneur et les joueurs ont confiance en moi, il s’agit du plus important à mes yeux. » Une sorte de joker idéal. Qui a complètement changé de dimension durant l’Euro. Enfin, pas au début de la compétition.
Pour l’ouverture face à la Roumanie, Moussa rentre pour une poignée de secondes, pendant le temps additionnel de la seconde période. Lors du deuxième match, il ne quitte même pas le banc. Et s’il dispute les 90 minutes de la dernière rencontre de poule contre les Suisses, on peut surtout y déceler la volonté d’un turnover pratiqué par Didier Deschamps, alors que les Bleus ont déjà leur ticket pour les huitièmes en poche et qu’il doit penser à protéger N’Golo Kanté, sous la menace d’un deuxième carton jaune.
En huitièmes justement ? Bah, le natif du Blanc-Mesnil retrouve sa condition de remplaçant et grappille encore quelques secondes mais guère plus face aux Irlandais. C’est en quarts de finale que la donne va évoluer pour lui. Et de quelle manière. Il est ti-tu-lai-re, chargé de couvrir le flanc droit des Bleus. L’intéressé affirme se sentir plus à l’aise dans l’axe, tout en précisant : « Je me donne à fond pour l’équipe avant tout. Quand j’évolue sur le côté droit, je fais le maximum et je continuerai de jouer là où le sélectionneur a besoin de moi. »
Et on ne peut pas vraiment discuter les choix de Didier Deschamps tant, dans son couloir, Sissoko va arpenter du terrain, cisailler de l’Islandais et, surtout, gagner définitivement sa place jusqu’à la fin du tournoi. Avec, en point d’orgue, la finale où, meilleur Français du match, il s’en va percer, tout en percussion, et casser les lignes portugaises, sur chaque prise de balle ou presque, avec un art consommé du don de soi. Il aura été le Bleu qui aura le plus tiré au but dans cette rencontre (5 fois), le plus dribblé (7), le plus subi de fautes (3). « Il s’agit de ma performance la plus aboutie depuis que je porte ce maillot mais j’aurais préféré être moins bon et gagner le trophée », lâchera-t-il après coup. Sans la réussite au bout, donc, mais avec une nouvelle étiquette sur le short.
L’ancienne doublure parfaite est devenue une valeur sûre aux yeux de Deschamps. Celui qu’il a fait débuter dans tous les matches à enjeu (éliminatoires de la Coupe du monde 2018) depuis la rentrée et qui a, à chaque fois, rendu la confiance qu’on lui accordait. « J’ai conscience que grâce à l’Euro, mon statut a changé, assure Moussa. Le regard que les gens portent sur moi aussi a évolué. Est-ce que je peux grandir encore ? En tout cas, je veux m’en donner les moyens. Je ne me fixe aucune limite. » Il aurait plutôt tendance à les repousser un peu plus à chaque sortie.

L’œil de Grégoire Margotton

« Pour moi, ce n’est pas une révélation. Moussa, j’ai eu la chance de commenter son premier match en Ligue 1 sur Canal+, lorsqu’il évoluait à Toulouse. A la fin de la rencontre, je l’ai croisé et je lui ai dit : « Toi, tu vas aller très loin. » Il avait fait un match à la Sissoko. Peut-être un peu plus au cœur du jeu qu’en Bleu aujourd’hui mais il prenait le ballon et parcourait 40 mètres balle au pied dans la profondeur. On en reparle aujourd’hui et on en rigole. Humainement, c’est un gars hyper attachant. Je suis particulièrement heureux pour lui. En finale de l’Euro, c’était une rencontre de fin de tournoi où les organismes arrivaient à bout. Lui était plus frais et c’était un match pour son physique. Mais il est peut-être également plus léger que les autres sous le poids de la pression. Mentalement aussi, c’est un monstre. »

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