Équipe de France

11 bonnes raisons de croire en ces Bleus (10)

Les Bleus s’avancent aujourd’hui avec quelques certitudes en plus. Du statut à la maturité nouvelle du groupe en passant par le jeu et l’esprit, on a répertorié onze motifs de croire en l’avenir immédiat de l’équipe de France. Avec, dans le viseur, comme objectif majeur, la campagne de Russie. Décryptage point par point.

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Un coach qui a les mains libres

Le sélectionneur des Bleus dispose d’un blanc-seing non feint auprès de Noël le Graët. Sûr de lui, il nage comme un poisson dans l’eau du bocal fédéral.

Il était arrivé avec le visage émacié, les joues creuses et le profil amoindri. Il sortait d’une cure rafraîchissante à Merano, en Italie, mais surtout d’une situation plus que stressante à Marseille, où sa cohabitation avec José Anigo ajoutée à sa rupture avec Margarita Louis-Dreyfus et Vincent Labrune lui avaient sacrément pourri la tête. Didier Deschamps a payé de sa personne lors de sa dernière saison à la tête de l’OM, cela s’est vu sur son corps et son visage. Il est donc arrivé à la tête des Bleus juste après l’élimination en quarts de finale de l’Euro 2012, le goût d’inachevé et le divorce Le Graët-Laurent Blanc dans le décorum, accentuant encore l’idée d’une brouille entre le capitaine et le « Président » des champions du monde 98. Il a assumé, comme toujours. Marqué, mais il a assumé. En répétant qu’il ne voulait absolument pas entendre parler d’un coup tordu envers son ami « Lolo ». On voulait bien le croire. En s’installant dans le costume du sélectionneur avec une Coupe du monde (au Brésil) dans le viseur et un Euro (à la maison) dans l’objectif. On voulait y croire.
Quatre ans et quelques mois plus tard, Didier Deschamps n’a toujours pas remporté de trophée avec l’équipe de France dans l’habit du sélectionneur mais il cultive son image d’homme de la gagne, le pragmatisme au service de l’efficacité, la victoire le matin, le midi, le soir dans la tête. Au-delà de l’image, « DD » le sélectionneur a surtout remis l’église au centre du village et c’est aussi pour cela qu’il a les coudées franches chez les Bleus. Noël Le Graët a toujours cru en lui, il le voulait dès son arrivée à la tête de la Fédération, convaincu qu’il était l’homme de la situation. Aujourd’hui, le président est conforté dans son choix, le sélectionneur dans les siens. Début septembre, Le Graët s’est ouvertement prononcé, par exemple, pour un retour plus envisagé qu’envisageable de Karim Benzema en bleu. Avant très vite de préciser sa pensée : « Le jour où la Justice aura tranché, seul Didier décidera de le réintégrer ou pas. » On saisit déjà la portée du « ou pas », une ponctuation en forme de point final.
Marqué (c’est une litote) par la sortie au sabre de Benzema (« Le sélectionneur a cédé à la pression d’une partie raciste de la France ») et de ses conséquences (sa maison de Bretagne taguée, sa famille touchée), Deschamps connaît les règles et sait, depuis le départ, qu’un début d’incendie peut mettre des jours à s’éteindre à son niveau de responsabilités. Il revendique ses choix et même si l’avant-Euro reste une cicatrice, il avance toujours aussi à l’aise dans le costume. Il est sous contrat jusqu’en 2018 et regarde la Coupe du monde en Russie du coin de l’œil.
Noël Le Graët, qui l’a déjà prolongé, refuse de parler d’avenir. « Je ne peux pas parler d’une prolongation jusqu’en 2020. Ce sera à moi ou à mon successeur de prendre la décision. » L’élection du président de la Fédération aura lieu en mars 2017. Le futur élu aura-t-il moins d’accointances avec « DD » ? Ce serait une vraie surprise et certainement une erreur. Des hautes sphères de la 3F jusqu’aux supporters, des joueurs jusqu’au monde amateur, on a rarement vu un sélectionneur faire autant l’unanimité.

L’œil de Grégoire Margotton

« Mains complètement libres ? On verra après les élections (ndlr : à la Fédération, au printemps 2017) si Noël Le Graët reste le président ou non mais si c’est oui, il s’agira d’une bonne nouvelle pour « DD ». Il a une telle aura auprès des instances. C’est un maître en communication, il gère cela magnifiquement. Il sait où il va, il rassure. C’est ça, Didier Deschamps. Il rassurait quand il était joueur, il rassurait quand il était entraîneur. Aujourd’hui, il rassure comme sélectionneur. »

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